La Caisse de dépôt investira un maximum de 2,45 milliards $ dans BAA
Le 12 juin 2006 - 16:56
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La Caisse de dépôt et placement du Québec investira environ 2,4 milliards $ CAN afin d'obtenir une participation de 28,1 pour cent dans le capital de la British Airport Authority (BAA), une entreprise exploitant 18 aéroports dont celui de Heathrow, à Londres.
Ce placement très médiatisé est le plus gros jamais réalisé par l'institution financière à l'extérieur du Québec. Il est cependant plus petit que l'investissement dans Vidéotron, en 1999.
Pour cette transaction, la Caisse fait partie d'un consortium international qui offre plus de 10,1 milliards de livres sterling (20,2 milliards $ CAN) pour la société dont les revenus ont totalisé 2,2 milliards de livres l'an dernier.
Les autres membres du groupe sont l'espagnole Ferrovial ainsi que la société GIC, de Singapour. Ces deux entités sont connues de la Caisse, qui a déjà effectué des placements avec elles.
Si l'offre officialisée lundi est acceptée, ces entités détiendront respectivement 61,8 pour cent et 10 pour cent de BAA.
"Cet investissement s'inscrit parfaitement dans notre orientation stratégique visant à augmenter la proportion des actifs autres que les actions et les obligations dans le but de procurer à nos déposants des rendements soutenus sur une longue période", a souligné lundi le pdg de la Caisse, Henri-Paul Rousseau.
Selon lui, BAA devrait faire partie du patrimoine du gestionnaire de fonds de l'Etat québécois pendant de nombreuses années.
La proposition du consortium a reçu l'appui du conseil d'administration de BAA. Les actionnaires de BAA peuvent choisir 950,25 pence par action en argent ou alors une contrepartie formée d'argent et d'une participation dans la société. Ils ont jusqu'au 26 juin pour déposer leurs actions.
Le consortium était en concurrence avec un autre groupe mené par Goldman Sachs. D'après les quotidiens britanniques, l'offre de la banque d'investissement américaine était supérieure à celle de Ferrovial.
Le conseil d'administration de BAA aurait décidé de l'écarter malgré tout, entre autres parce qu'elle était moins intéressante pour l'avenir de la société.
"Ils avaient la certitude qu'on avait le financement, a expliqué le vice-président principal, Infrastructures, Placements privés de la Caisse, Ghislain Gauthier. Et aussi parce qu'on a un partenaire industriel, ils ont jugé qu'on offrait les meilleures perspectives à long terme."
Outre Heathrow, BAA exploite les aéroports londoniens de Gatwick et Stansted, quelques aéroports aux Etats-Unis, en plus de posséder des parts dans ceux de Naples, en Italie, et de Budapest, en Hongrie.
L'organisation a lancé la tendance à la privatisation des aéroports parmi les gouvernements d'Europe et d'Asie, durant les années 80, alors qu'elle a pris le contrôle des opérations aéroportuaires à Londres et en Ecosse.
Contrairement aux Etats-Unis, où la plupart des aéroports point d'accès demeurent la propriété des gouvernements, la Grande-Bretagne ne compte pas de réglementation spécifique interdisant la participation majoritaire de joueurs étrangers dans de tels actifs, et peu de questions relatives à la sécurité nationale ont été soulevées.
Le placement de la Caisse dans BAA porte à plus de 4 milliard $ son portefeuille en infrastructures, dont une bonne partie dans le secteur de l'énergie. Selon Henri-Paul Rousseau, "il reste de l'argent" pour d'autres placements de ce type, mais il serait étonnant que d'aussi grosses transactions soient conclues.
"Les bons investissements sont rares", a fait valoir l'ancien banquier, qui précise qu'il a reçu au cours des derniers jours plusieurs appels de personnes intéressées à se joindre au consortium.
M. Gauthier a pour sa part indiqué que la CDP s'intéressait notamment au secteur de la distribution de l'eau, qui est en plein essor au Royaume-Uni ainsi qu'aux Etats-Unis.

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