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Le ralentissement économique américains pourrait ralentir la croissance mondiale
Serge Simard
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Un ralentissement de l'économie américaine risque d'avoir des répercussions sur la croissance mondiale l'an prochain, prédisent des économistes, mais l'Asie et l'Europe pourraient y résister, s'il faut en croire certains signes d'optimisme chez leurs consommateurs.

Même si le ralentissement du marché de l'habitation aux Etats-Unis amoindrit l'appétit des Américains pour les appareils électroniques d'origine étrangère, les vêtements et les autres produits d'exportation, le nombre croissant de consommateurs des classes moyennes de la Chine, de l'Inde et du reste de l'Asie émergente en profitent pour prendre le relais, notent les experts.

La croissance européenne pourrait aussi enregistrer un certain ralentissement, mais les prévisions restent relativement positives en raison d'un regain de la consommation et d'un recul du chômage.

"Pendant que les autres grandes économies du monde seront affectées par le ralentissement de la croissance américaine, leur propre demande intérieure devrait continuer à stimuler la croissance globale", a estimé la banque d'investissement suisse UBS dans ses prévisions de fin d'année.

La croissance économique mondiale devrait ralentir un petit peu pour atteindre 4,9 pour cent l'an prochain, par rapport à une estimation de 5,1 pour cent pour l'année qui s'achève, prévoit pour sa part le Fonds monétaire international.

Les économies les plus riches et les plus matures du monde enregistreront les plus faibles taux de croissance. L'Organisation de coopération et de développement économiques a réduit la prévision de croissance de ses 30 pays membres _ pratiquement tous industrialisés _ à 2,5 pour cent pour 2007, son plus faible taux depuis 2003. Ses prévisions initiales tablaient sur une croissance de 2,9 pour cent.

La grande inconnue de l'équation mondiale pourrait prendre la forme d'une récession aux Etats-Unis. Si le ralentissement américain est lent et n'est pas accompagné d'une forte poussée inflationniste _ ce que les économistes appellent un "atterrissage en douceur" _, le pays pourrait éviter une récession dont l'impact serait ressenti partout dans le monde.

"Nous croyons que ce sera un atterrissage en douceur", parie Dong Tao, économiste régional en chef pour le Crédit Suisse à Hong Kong. Avec un ralentissement de la demande américaine pour les exportations, "la croissance asiatique sera plus modérée".

"Mais le reste du monde est en train de prendre le relais, note-t-il. Cela fera de la demande intérieure un facteur décisif pour discerner les gagnants des perdants."

Les consommateurs des Etats-Unis et d'ailleurs dans le monde devraient avoir un répit au chapitre de la hausse des prix du pétrole, qui ont reculé de plus de 20 pour cent après avoir touché en juillet le sommet record de 78 $ US le baril.

Le produit intérieur brut américain devrait croître de 2,5 pour cent en 2007, un ralentissement par rapport à sa hausse de 3,3 pour cent attendue cette année, estiment un comité de 50 experts consultés pour une enquête publiée en novembre par l'Association nationale de l'économie d'entreprise, aux Etats-Unis.

L'Inde et la Chine devraient conserver leur titre d'étoiles montantes dans l'année à venir, même si les deux pays courent toujours des risques de surchauffe économique.

Le boom économique chinois devrait continuer de croître de plus de 10 pour cent l'an prochain. Mais Pékin devra s'assurer que la croissance aide des millions de Chinois à se sortir de la pauvreté tout en évitant que des investissements excessifs dans le développement des propriétés ne rende les banques et les entreprises vulnérables à une crise financière.

En Inde, le premier ministre Manmohan Singh a fixé le taux de croissance cible à 9 pour cent sur les cinq prochaines années, soit un point de pourcentage de plus que le taux de croissance actuel. Manmohan Singh espère ainsi pouvoir réduire la pauvreté chez les 400 millions d'Indiens vivant en région rurale, lesquels n'ont pas profité du développement rapide du pays jusqu'à présent.

La première économie d'Asie, celle du Japon, se remet fermement d'une décennie de stagnation. Toutefois, les dépenses des consommateurs semblent s'affaiblir, ce qui rend le pays vulnérable à un ralentissement de la demande pour ses exportations, sa traditionnelle source de croissance.

Pour le Japon, la prochaine hausse des taux d'intérêt de sa banque centrale sera cruciale. Les experts attendent une telle décision au début de 2007. La Banque du Japon a haussé ses taux en 2006 pour la première fois en six ans. Certains craignent toutefois qu'une nouvelle hausse soit trop rapide et étouffe la reprise économique du pays.

Les prévisions de l'Union européenne et de la Banque centrale européenne donnent une croissance du produit intérieur brut de 2 pour cent pour la zone des 12 pays de l'UE l'an prochain. C'est moins que la croissance de 2,7 pour cent attendue cette année.

Les économies d'Amérique latine devraient connaître une bonne année en 2007. La région est un grand exportateur de matières premières comme le cuivre, le minerai de fer et le soya, ce qui fait en sorte que toute secousse économique mondiale _ comme un ralentissement inattendu en Chine _ pourrait y avoir de graves répercussions.


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