La Banque centrale européenne (BCE) devrait porter cette semaine son taux directeur à au moins 4 pour cent, une décision qui haussera le coût des emprunts dans les 13 pays d'Europe qui utilise l'euro.
Certains analystes estiment que la BCE pourrait resserrer sa politique monétaire devant la possibilité que le taux d'inflation dépasse les deux pour cent, le plafond près duquel la BCE souhaite le maintenir.
Thorsten Weinelt et Marco Annuziata d'UniCredit ont estimé que la banque pourrait hausser son taux directeur à 4,5 pour cent d'ici la fin de l'année, rendant tous les emprunts, des hypothèques aux prêts pour l'achat d'une voiture, plus dispendieux pour les plus de 317 millions de personnes vivant dans la zone euro, qui sont responsables de plus de 15 pour cent de la croissance mondiale.
"La BCE restera fermement dans le camp des faucons", ont indiqué MM. Weinelt et Annuziata dans une note de recherche.
L'inflation d'une année sur l'autre a été de 1,9 pour cent en mai _ inchangée par rapport au deux mois précédents. Ceci laisse croire que la BCE ne sera pas pressée de faire d'autres augmentations après celle d'un quart de point par rapport au 3,75 pour cent prévue mercredi.
Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a déclaré lundi à Bruxelles qu'une forte croissance économique dans la zone euro ne devait pas mener à la complaisance. Il n'a toutefois pas donné d'indices sur les intentions futures de la banque après la décision de cette semaine.
"L'Europe a encore du chemin à faire, si elle veut répondre à la mondialisation et affronter les défis des changements technologiques rapides et de la population vieillissante, a-t-il dit. C'est vrai au niveau de l'Europe en entier, tout comme au niveau de chaque économie particulière."
La confiance des entreprises et des consommateurs dans la zone euro a augmenté, alors que la croissance _ trois pour cent au premier trimestre _ demeure au niveau de l'an dernier et que le chômage diminue.

© La Presse Canadienne, 2012