Les indices nord-américains ont à nouveau chuté nettement, jeudi, alors que des inquiétudes persistent concernant les taux d'intérêt, qui pourraient être rehaussés à relativement court terme par les banques centrales, à Ottawa et à Washington.
La Bourse de Toronto a vu son S&P/TSX tomber de 237,71 points à 13 703,88 en subissant ainsi une deuxième perte consécutive de plus de 200 points.
Les craintes quant au loyer de l'argent sont avivées par la montée du rendement des obligations sur 10 ans du Trésor fédéral américain, qui a passé la barre de 5,0 pour cent pour la première fois depuis août 2006. Les taux d'intérêt risquent ainsi de faire grimper les coûts de financement des compagnies et de gruger leurs bénéfices, un des principaux soutiens des marchés.
Aux États-Unis, à Wall Street, le Dow Jones a perdu 198,94 points pour clore à 13 266,73 et l'indice S&P 500 a largué 26,66 points à 1490,72. Aux E.-U. également, la journée a été assombrie par des bilans décevants des grands détaillants, pour leurs ventes du mois de mai.
La correction à la baisse n'a pas tellement surpris car, dans le cas de Toronto, le S&P/TSX s'était apprécié de 9,6 pour cent jusqu'ici cette année, atteignant un record mardi.
Et voir l'indice phare torontois retourner dans une fourchette de 13 500 à 13 300 "ne serait pas déraisonnable, pourvu que ça s'arrête là", estime Julie Brough, de la maison Morgan, Meighen and Associates.
"Mais s'il va sous cette fourchette, il faudra se demander si c'est bel et bien la grosse (correction) car, un moment donné, la présente tendance à la hausse va arriver à son terme", a-t-elle dit.
Le dollar canadien a connu une chute substantielle, soit 0,50 cent à 94,02 cents US en retraitant de son niveau le plus élevé en 30 ans.
À la cote new-yorkaise, le brut de référence a de nouveau renchéri, de 0,97 $ à 66,93 $ US le baril; il avait passé un moment le cap des 67 $ US pour la première fois depuis septembre. À Londres, le Brent de la mer du Nord a crû de 0,20 $ à 71,22 $ US le baril.
"Le marché guette le taux d'utilisation des raffineries" aux États-Unis, note l'analyste britannique Kevin Saville, de la division de l'énergie du groupe américain McGraw Hill. Les négociants en pétrole craignent toujours que ces raffineries ne puissent répondre à la demande américaine en essence de l'été.
À Bay Street, où l'indice des services financiers perdait 1,3 pour cent, la Banque Scotia a reculé de 0,69 $ à 51,28 $, la Banque TD a fléchi de 1,06 $ à 72,07 $ et l'assureur Manuvie s'est déprécié de 0,43 $ à 38,38 $.
Du côté de l'énergie, où l'indice sectoriel laissait 2 pour cent, Petro-Canada a baissé de 0,98 $ à 53,01 $, Canadian Natural Resources a perdu 1,72 $ à 69,64 $ et Nexen a cédé 0,83 $ à 31,84 $.