Le taux de chômage au mois de mai au Canada est resté inchangé pour un quatrième mois de suite, à 6,1 pour cent, un creux inégalé en 33 ans.
En mai, le taux de chômage au Canada est resté à 6,1 pour cent un quatrième mois de suite et il s'agit d'"un creux inégalé en 33 ans", rappelait vendredi Statistique Canada.
Il ressort cette fois que la création d'emploi a peu bougé pour un deuxième mois consécutif, a expliqué l'agence fédérale en dévoilant ce bilan, dans lequel la hausse du travail à temps plein a été bonne partie annulée par une diminution du travail à temps partiel.
Ainsi, quelque 32 700 emplois à temps plein ont été créés en mai, tandis que 23 400 emplois à temps partiel sont disparus, laissant un ajout net de 9300 emplois à l'économie.
Au Québec, le solde de l'emploi était négatif le mois dernier avec 2200 emplois perdus _ soit 11 400 emplois à temps plein créés et 13 500 emplois à temps partiel perdus. Le taux de chômage au Québec est resté le même en mai qu'en avril, soit à 7,2 pour cent.
En Ontario, 11 900 emplois ont été créés et le taux de chômage était de 6,3 pour cent, en baisse de 0,3 pour cent versus avril. Au Nouveau-Brunswick, où l'emploi a diminué de 1500 postes, le taux de chômage est passé à 7,6 pour cent en mai, comparé à 7,3 pour cent le mois précédent.
La Colombie-Britannique vient en tête des provinces au chapitre de la création nette d'emplois, avec 14 200 unités, et son taux de chômage recule de 0,2 pour cent, à 4,2 pour cent. L'Alberta reste la province canadienne où le taux de chômage est le moins élevé, même s'il a augmenté de 0,4 pour cent et s'est établi à 3,8 pour cent.
À Montréal, le groupe Desjardins estime que l'apport de 9300 emplois au marché du travail canadien est "une performance inférieure aux attentes" en plus d'être sous la moyenne historique. Or cela vient après "plusieurs mois de forte croissance" et ce n'est pas étonnant d'observer une "consolidation", écrit l'économiste François Dupuis.
Selon lui, la situation d'ensemble de l'économie nationale "demeure essentiellement la même" et, à la Banque du Canada, une hausse des taux d'intérêt est "à prévoir à court terme"; la banque centrale doit annoncer sa décision le 10 juillet.
De son côté, la Banque Nationale signale qu'après un premier trimestre "à tout casser", la création d'emploi a nettement ralenti au trimestre qui échoira le 30 juin, puisque l'ajout net n'est que de 4000 postes depuis le 31 mars.
Ainsi en avril et mai, l'emploi total ne progresse plus que de 1,0 pour cent en rythme annuel, soit moins que le gain 1,3 pour cent observé durant la même période en 2006, note l'économiste Stéfane Marion. Il juge toutefois que la situation reste "tendue" sur le marché du travail comme l'illustrent le rapport élevé des emplois à la population et la montée des salaires.