Shermag pourrait être forcé de fermer d'autres usines et d'effectuer de nouvelles mises à pied pour contrer l'impact de la faiblesse du marché américain de l'ameublement et l'appréciation du dollar canadien, a indiqué jeudi le chef de la direction de l'entreprise.
Le fabricant de meubles de Sherbrooke a vu son chiffre d'affaires chuter de 29 pour cent à 34,1 millions $ au quatrième trimestre, alors que ses prix, en hausse de jusqu'à 15 pour cent à cause de l'envol du dollar canadien, ont contribué à de nouveaux reculs de ses volumes.
Shermag a entrepris une difficile restructuration ces dernières années pour tenter de se rendre plus concurrentielle face aux produits d'importation asiatiques.
Elle a réduit ses effectifs de moitié à 1200 employés et a fermé sept usines depuis 2005 tout en déménageant certaines activités de production à grande échelle en Chine.
Quelque 36 pour cent de ses produits sont fabriqués à l'extérieur du Canada, par rapport à 3,8 pour cent en 2002 et 7,9 pour cent en 2003. Shermag espère que ses importations atteindront le cap des 45 pour cent au cours de la prochaine année fiscale.
Les usines canadiennes sont de moins en moins concurrentielles en raison de la hausse du dollar canadien.
Le président et chef de la direction de Shermag, Jeff Casselman, a laissé entrevoir jeudi une nouvelle vague de consolidation.
"Malgré les progrès réalisés, nous nous attendons à ce que l'avenir comprenne de nouveaux changements significatifs pour la compagnie afin de compenser pour ce changement", a noté M. Casselman lors d'une conférence téléphonique avec les analystes.
Au cours d'une entrevue réalisée plus tard, M. Casselman a indiqué que même si aucune action précise a été décidée, les plans de l'entreprise pourraient comprendre des fermetures d'usines et des mises à pied.
"Il n'y a pas d'échéancier précis mais clairement, le dollar a grimpé de nouveau de 10 pour cent au cours des trois derniers mois et de 5,5 pour cent au cours des trois dernières semaines. Je dois faire des ajustements."
Le dollar coûte 8,8 millions $ à la compagnie en ventes annuelles.
Shermag a perdu 4,1 millions $, soit 31 cents par action, pour le trimestre terminé le 30 mars, par rapport à une perte nette de 22,7 millions, ou 1,70 $ l'action, à la même période un an plus tôt.
"L'équipe de direction a fait du mieux qu'elle a pu, mais il était simplement trop tard pour faire de tels changements", a indiqué un analyste de l'industrie, qui a requis l'anonymat.
Selon lui, la décision de l'entreprise Clarke de hausser sa participation dans Shermag à près de 20 pour cent et de s'emparer d'un siège sur le conseil d'administration laisse croire qu'elle pourrait tenter de forcer les fermetures d'usines ou de céder des actifs de la compagnie pour hausser la valeur des actionnaires.
Clarke, une société de Halifax dirigée par George Armoyan, se targue d'avoir "un portefeuille diversifié d'investissements stratégiques" et se spécialise surtout dans la création de valeur des entreprises sous-évaluées.
"Je crois qu'il sera dans leur meilleur intérêt de minimiser, en quelque sorte, la saignée", a indiqué l'analyste.
"Ce n'est pas rose comme portrait, mais nous l'avions prédit depuis les quelques dernières années. Maintenant, la situation est plus critique que d'autre chose."
A la Bourse de Toronto, jeudi, le titre de la société a gagné 6 cents, soit 3,4 pour cent, terminant à 1,84 $.