Les actionnaires de Van Houtte ont approuvé lundi la vente de l'entreprise montréalaise à la firme américaine d'investissement Littlejohn & Co. pour 615 millions $, incluant la dette.
La transaction a été entérinée dans une proportion de plus de 99 pour cent à l'occasion d'une assemblée extraordinaire à Montréal.
Le capital du torréfacteur et distributeur sera fermé et son titre ne sera plus coté à la Bourse de Toronto. Littlejohn et ses partenaires, parmi lesquels se trouve le Fonds de solidarité de la FTQ, verseront 25 $ pour chaque action en circulation.
Aucun changement dans les niveaux de personnel, les orientations stratégiques ou l'exploitation ne devrait survenir à la suite de la transaction.
Après l'annonce des résultats du vote, la compagnie a indiqué qu'elle entendait accélérer sa croissance en Ontario et aux Etats-Unis. Avec l'appui des nouveaux propriétaires, la société montréalaise mettra en oeuvre son plan stratégique triennal, a affirmé le chef de la direction, Jean-Yves Monette.
Les nouveaux propriétaires appuient le développement dans les marchés des services de café dans les bureaux et dans la vente au détail mais ces changements ne se traduiront pas par l'ajout de nouveaux commerces ayant pignon sur rue, a dit M. Monette.
"Nous devons accélérer tout ça, pour l'Ontario et les Etats-Unis, où il faudra aller plus vite afin d'aller plus vite dans le développement de notre marque", a dit M. Monette, qui travaille pour l'entreprise depuis 13 ans.
Avec les principaux cadres actuellement en poste, il demeurera à la tête de l'entreprise après la fermeture de son capital. Le siège social de Van Houtte restera à Montréal.
La plus importante compagnie de torréfaction de cafés fins du Canada contrôle environ 50 pour cent du marché national, ce qui lui permet de disposer d'une position confortable pour faire des acquisitions, a dit M. Monette.
Les consommateurs canadiens qui sont habitués à la marque ne constateront cependant aucune modification à la suite du changement de propriétaire.
Pierre Van Houtte a affirmé qu'une des conditions de la vente était de conserver le nom de la société, fondée par son père en 1919.
"Que son nom soit encore là, ça lui aurait certainement fait très plaisir", a déclaré M. Van Houtte en parlant d'Albert-Louis, qui a ouvert un premier magasin à Montréal, sept ans après avoir quitté la France pour immigrer au Canada.
A l'origine, il importait des cafés fins d'Europe pour les torréfier en petites quantités à l'arrière de son commerce.
Bien que la famille ne trouve pas facile de se départir de la compagnie, ses membres ont réalisé que son expansion nécessitait des capitaux dont ils ne disposent pas.
"Bien sûr, ça me brise le coeur parce que c'était l'entreprise de mon père, que j'ai reprise par la suite, mais toute bonne chose a une fin, a dit l'homme de 85 ans. Parfois, dans la vie, il faut prendre des décisions."
Van Houtte avait fait son entrée en bourse en 1987.
Littlejohn a donc eu plus de succès avec Van Houtte qu'avec Intertape Polymer Group, une autre entreprise montréalaise que la société de Greenwich, au Connecticut, a tenté d'acheter il y a quelques semaines. Les actionnaires d'Intertape ont rejeté la transaction.
A la Bourse de Toronto, lundi, le titre de Van Houtte a gagné 9 cents, pour clôturer à 24,95 $.