Le ministère de la Justice du Nouveau-Brunswick fera enquête sur les conclusions d'un rapport qui tend à indiquer qu'au moment où elles faisaient pression auprès du gouvernement pour qu'il les aide à faire face à des pertes records, les compagnies d'assurance enregistraient en fait des profits substantiels.
Selon Mike Comeau, porte-parole du ministère, le ministre T.J. Burke a demandé aux fonctionnaires de fouiller ces allégations et de revoir toutes les données pertinentes, en remontant jusqu'en 2003, année où le précédent gouvernement provincial a imposé un plafond sur les réclamations pour blessures aux tissus mous.
En 2003, le gouvernement conservateur de l'époque avait adopté certaines réformes controversées dans le secteur des assurances, y compris l'imposition d'un maximum de 2500 $ pour les indemnisations pour blessures des tissus mous.
À l'époque, l'industrie de l'assurance réclamait ces changements parce que, disait-elle, les coûts élevés des indemnisations pour ce type de lésions faisaient perdre de l'argent aux entreprises et expliquaient l'escalade des primes d'assurance.
Mais un rapport rédigé pour le Bureau d'assurance du Canada (BAC) en 2005 indique que les sociétés d'assurance, tout en affirmant au gouvernement qu'elles subissaient des pertes records, enregistraient en réalité des bénéfices records.
Selon ce rapport, obtenu par le Moncton Times and Transcript, entre 2001 et 2005, le nombre de réclamations a dégringolé tandis que les profits grimpaient considérablement.
Mais le vice-président du BAC, Don Forgeron, a rejeté les conclusions du rapport.
Selon lui, les avocats qui faisaient pression pour faire rejeter le plafond, en invoquant la discrimination à l'endroit des victimes d'accidents d'automobiles, étaient les mêmes qui déposaient trop de demandes d'indemnisation pour blessures des tissus mous en 2002-03.
Il a aussi nié que le plafond ait été imposé pour aider l'industrie, affirmant qu'il s'agissait plutôt d'abaisser les primes d'assurance-automobile des conducteurs du Nouveau-Brunswick.

© La Presse Canadienne, 2012