L'obtention de l'approbation des actionnaires pourrait avoir été l'obstacle le plus facile à franchir pour les dirigeants du nouveau géant du secteur forestier AbitibiBowater, alors qu'ils se préparent à prendre les décisions qui guideront le colosse aux pieds d'argile dans un marché de plus en plus concurrentiel.
"L'industrie toute entière est en état de stress", a affirmé jeudi le président du conseil et chef de la direction d'Abitibi-Consolidated, John Weaver, après que les actionnaires de l'entreprise montréalaise eurent accordé un fort soutien au projet de fusion avec la société américaine Bowater.
"Chacun d'entre nous, chaque usine de papier, chaque partie de l'entreprise, Abitibi et Bowater, allons devoir nous pencher sur ce qui est nécessaire pour consolider nos actifs et diminuer nos coûts", a ajouté M. Weaver.
L'entente en vue de créer la troisième société cotée en bourse en importance en Amérique du Nord dans le secteur du papier et des produits forestiers a été approuvée dans une proportion de 80,4 pour cent lors d'une assemblée des actionnaires d'Abitibi à Montréal, lieu du siège social de l'entreprise, et par environ 70 pour cent des détenteurs d'actions de Bowater, à Atlanta, dans l'Etat de la Géorgie.
M. Weaver a estimé que la fusion des deux sociétés forestières était la chose à faire pour profiter d'une marge de manoeuvre au niveau financier et obtenir de bons résultats.
Néanmoins, certains observateurs du secteur forestier s'attendent à ce que la détérioration de la position occupée par l'industrie et la valeur croissante du dollar canadien puissent contraindre l'entreprise à prendre des décisions douloureuses pour ses employés.
"Vous pouvez qualifier ces conditions de très, très hostiles. Ces conditions nécessitent une vive réaction", a affirmé Pierre Lacroix, analyste chez Valeurs mobilières Desjardins.
Alors que la demande nord-américaine de papier journal subit un recul atteignant jusqu'à 10 pour cent et que le dollar vaut quelque 95 cents US, les producteurs canadiens vont devoir réduire leur production afin de rétablir l'équilibre sur le marché, a-t-il indiqué.
En vertu de l'entente entre les parties, la nouvelle entité, qui portera le nom d'AbitibiBowater, devra maintenir son siège social à Montréal pendant trois ans tout en étant une société inscrite aux registres du Delaware, avoir cinq Canadiens au sein de son conseil d'administration et être cotée à la Bourse de Toronto (comme à la Bourse de New York).
A la Bourse de Toronto, le cours de l'action d'Abitibi a clôturé à 2,57 $, en baisse de 0,15 $ ou 5,51 pour cent par rapport à la veille, les actions de Bowater ayant quant à elles terminé la journée sans changement, à 26 $.
Les actions de Bowater ont clôturé à 20,86 $ US, en baisse de 1,51 $ US ou 6,75 pour cent, à la Bourse de New York.