La baisse de la demande et la hausse de la valeur du dollar canadien ont été pointées du doigt par Domtar, mardi, alors que la société forestière a annoncé la fermeture de quatre de ses installations au Canada et aux États-Unis, ce qui se traduira par la mise à pied de 430 employés.
L'entreprise montréalaise a indiqué qu'elle fermerait de façon permanente son usine de Gatineau, en Outaouais, un centre de transformation situé à Ottawa de même que deux machines à papier aux États-Unis, l'une à l'usine de Baileyville, dans le Maine, et l'autre aux installations de Port Edwards, dans le Wisconsin.
"Une surcapacité de production et la compétitivité des coûts sont les deux facteurs qui ont motivé la décision de fermer ces exploitations de façon définitive", a déclaré le chef de la direction de Domtar, Raymond Royer, par voie de communiqué.
"Pendant que nous travaillons à tirer profit de notre plus grand rayonnement géographique pour servir nos clients en faisant appel à nos exploitations les plus performantes, l'exercice d'adapter notre production à la demande est une préoccupation de tous les instants, a-t-il ajouté. D'autres rationalisations sont susceptibles d'être mises en oeuvre dans un proche avenir."
Domtar, qui a fusionné avec la division papier du géant américain de la foresterie Weyerhaeuser dans le cadre d'une entente de 3,3 milliards $, plus tôt cette année, a sacrifié des centaines d'emplois, ces derniers mois, lors de la fermeture de scieries. La société a récemment consenti à céder ses activités dans le secteur des produits forestiers à la nouvelle entreprise Conifex, en échange de 285 millions $.
Toutefois, les fermetures annoncées mardi sont les premières depuis que la société montréalaise a fait savoir, en novembre 2005, qu'elle mettait à pied près de 1400 travailleurs à Ottawa, Cornwall, en Ontario, et Vancouver.
Le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), qui représente les travailleurs canadiens de Domtar, a dénoncé la plus récente mesure rendue publique par l'entreprise.
"Cette industrie est en crise", a constaté le président du SCEP, Dave Coles.
Plus de 12 000 personnes ont perdu leur emploi dans les usines de pâte et papier et les scieries du Canada, ces dernières années.
"Nous exigeons que le gouvernement fédéral tienne sans tarder un sommet de tous les intervenants, y compris les chefs communautaires et des premières nations, afin de commencer à établir une stratégie nationale de revitalisation du secteur forestier", a ajouté M. Coles.
Domtar prévoit fermer l'usine de Gatineau et le centre de transformation d'Ottawa au plus tard le 27 octobre. Ces deux installations emploient environ 250 personnes. L'usine de Gatineau a une capacité de production annuelle de 125 000 tonnes de papier couché et non couché.
La machine à papier de Woodland a une capacité annuelle de production de 125 000 tonnes de papier non couché. La fermeture immédiate de cette machine et de sa coupeuse d'appoint entraînera une diminution des effectifs de l'usine de quelque 150 emplois.
La machine à papier no 5 de Port Edwards compte une capacité annuelle de 34 000 tonnes de papier non couché. Sa fermeture immédiate se traduira par une réduction des effectifs de l'usine d'environ 30 emplois.
À la Bourse de Toronto, mardi, l'action de Domtar a terminé à 10,04 $, en hausse de 2 cents.