Un vent de panique a soufflé vendredi sur les places asiatiques après le plongeon, la veille, de Wall Street plombée par une crise des crédits immobiliers aux États-Unis.
Alors que la Banque centrale du Japon s'est jointe à ses consoeurs américaine et européenne en injectant mille milliard de yens (soit 8,4 milliards $ US ou 6,2 milliards d'euros) pour soutenir ses marchés financiers, Tokyo comme les autres places asiatiques accusaient une forte baisse.
Cette action de la Banque du Japon, visant à réfréner les hausses d'un taux d'intérêt clef, a été décidée alors que l'index du Nikkei 225 plongeait de plus de 2 pour cent à l'ouverture de la bourse, après l'importante chute de New York la veille.
À la clôture, l'indice Nikkei de la bourse de Tokyo était pourtant toujours orienté à la baisse et cédait 2,37 pour cent à 16 764,09 points, en recul de 406,51 points.
En Corée du Sud, l'indice composite de la bourse de Séoul (Kospi) perdait 80,19 points (-4,2 pour cent) à 1828,49 points, cette baisse concernant tous les titres, mais en particulier les titres financiers.
À Hong Kong, l'indice Hang Seng affichait à la mi-journée une baisse de 3 pour cent à 21 771,94 points; même tendance à Singapour où l'indice Straits Times était en recul de 2,89 pour cent à 3314,37 points, aux Philippines où l'indice perdait 3 pour cent, et en Australie où l'indice boursier perdait 3,1 pour cent.
Jeudi à la clôture, Wall Street avait donné le coup d'envoi de ces fortes glissades. Dès l'ouverture, les valeurs américaines avaient ouvert en forte baisse, en raison du regain d'inquiétude au sujet de la crise qui sévit sur les marchés du crédit, après l'annonce par BNP Paribas de la suspension du calcul de la valeur liquidative de trois fonds en raison d'un manque de liquidités sur le marché. La suspension par BNP Paribas des fonds a entraîné les marchés d'actions européens à la baisse.
BNP Paribas s'est dit dans l'incapacité de trouver des prix de référence pour établir la valorisation des actifs sous-jacents, et a par conséquent décidé de suspendre temporairement le calcul de la valeur liquidative de trois fonds ABS _ Parvest Dynamic ABS, BNP Paribas ABS Euribor et BNP Paribas ABS Eonia _ qui représentent actuellement une valeur totale d'environ 1,6 milliard d'euros, contre environ 2 milliards d'euros il y a deux semaines, a déclaré un porte-parole de la banque française, jeudi.
L'ensemble des fonds gérés par BNP Paribas Investment Partners s'élève à plus de 350 milliards d'euros.
Conséquence directe de la crise des crédits immobiliers à surprime aux États-Unis, la Banque centrale européenne (BCE) avait annoncé jeudi avoir accordé un prêt de 94,8 milliards d'euros sous la forme de fonds d'urgence aux banques européennes.
Cette injection fait suite à des mouvements similaires de la Réserve fédérale américaine qui a injecté 17, 5 milliards d'euros aux réserves temporaires du système bancaire américain.
C'est la première action de ce type de la BCE depuis les attentats du 11 septembre 2001. Les craintes que les banques européennes soient confrontées à des pertes croissantes sur leurs investissements liés aux crédits hypothécaires américains ont fait grimper les taux d'emprunt au jour le jour de la zone euro à 4,7 pour cent jeudi. Un taux jamais atteint depuis octobre 2002 et bien supérieur au taux de refinancement de la BCE, actuellement de 4 pour cent.
L'exposition de l'Europe au marché américain des crédits hypothécaires à surprime semble limité. Toutefois, BNP Paribas SA a décidé jeudi de suspendre temporairement le calcul de la valeur liquidative de trois de ses fonds d'investissement, évoquant la volatilité du marché américain des titres liés à ces crédits immobiliers à surprime.
La BCE a précisé dans un communiqué fournir les fonds d'urgence afin de garantir des conditions satisfaisantes sur le marché monétaire. C'est la première fois que la BCE garantit ses prêts à un taux fixe depuis le 12 septembre 2001, date à laquelle la banque centrale avait prêté 69,3 milliards d'euros au marché.