La vulnérabilité des banques canadiennes sera bientôt connue
Le 19 août 2007 - 23:57
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La nébuleuse situation des grandes banques canadiennes à suite de la crise du crédit pourrait s'éclaircir dès cette semaine alors que celles-ci commenceront à dévoiler leurs résultats trimestriels pour la première fois depuis que les inquiétudes liées aux prêts à risque américains secouent les marchés internationaux.
Les chiffres trimestriels seront renvoyés à l'arrière-scène pendant que les investisseurs se concentreront sur les déclarations liées aux perspectives, espérant y trouver des éléments précis quant à la vulnérabilité des institutions financières aux prêts hypothécaires à risque et déterminer s'il y a lieu de s'inquiéter ou non.
"Une grande part de l'exercice consistera à attendre d'entendre leurs commentaires lors des conférences téléphoniques", a estimé Greg Taylor, un gestionnaire de portefeuille pour Aurion Capital.
"La vraie question sera de savoir s'ils peuvent vraiment clarifier (leur vulnérabilité), ce qui sera difficile parce qu'il s'agit d'un marché en évolution."
Cette semaine, deux des grandes banques dévoileront leurs résultats. La Banque Toronto Dominion sera la première à le faire, mardi, et sera suivie vendredi par la Banque Royale.
Les titres du secteur financier ont subi ces récentes semaines les contrecoups des inquiétudes des investisseurs, lesquels craignent que la crise du crédit émanant des prêts à risque ne nuisent aux bénéfices des institutions canadiennes.
Bien que certaines banques eurent émis des communiqués pour rassurer les investisseurs en affirmant que leur exposition était, dans le pire cas, minimale, seule la CIBC a dévoilé des chiffres précis à ce sujet.
La banque a haussé lundi dernier ses prévisions de bénéfice pour le troisième trimestre à 2,30 $ par action, malgré des dépréciations d'une valeur de 290 millions $ liées au marché hypothécaire américain.
La CIBC a minimisé sa vulnérabilité au marché hypothécaire résidentiel américain, estimant que celle-ci n'était que de 1,7 milliard $, en excluant l'exposition directement couverte par d'autres acteurs. Moins de 60 pour cent de cette somme est liée aux hypothèques à risque.
Ces déclarations se voulaient des réponses aux inquiétudes grandissantes des investisseurs et à des articles antérieurs qui évaluaient que la exposition de la banque était bien supérieure.
CIBC "a en quelque sorte gâté la fête en nous donnant ses prévisions de résultats", a estimé John Kinsey, gestionnaire de portefeuille pour Caldwell Securities.
"De toute évidence, ils ont fait cela pour limiter les dégâts infligés à leur action avec toutes les rumeurs qui couraient."
La CIBC doit dévoiler ses résultats financiers le 30 août.
La plupart des observateurs d'entendent pour dire que les grandes banques ont probablement une faible vulnérabilité au marché à risque, puisqu'aucune d'entre elles n'ont émis d'avertissement sur leurs résultats.
Malgré tout, les dirigeants des banques seront scrutés à la loupe par les investisseurs lors de leurs conférences téléphoniques.
"Ils devront absolument prononcer les bons mots", a estimé Bob Tebbutt, vice-président de la gestion du risque chez Peregrine Financial Group Canada.
"Ils devront faire les bonnes déclarations, celles qui signifient `restez zen, pas d'inquiétude'."
Selon lui, leurs commentaires devront aussi sembler logiques à la fois aux yeux des investisseurs et à ceux des analystes. Des commentaires trop optimistes pourraient engendrer un certain scepticisme, tandis que des remarques négatives pourraient engendrer de la panique.
Mais Adrian Mastracci, un gestionnaire de portefeuille chez KCM Wealth Management, a mis en garde les investisseurs qui pourraient être déçus par le peu de clarté qui leur sera offert.
"Cela pourrait bien être dû au fait que personne là-haut ne connaît vraiment l'ampleur du problème. Ils peuvent bien nous donner des bonnes nouvelles sans vraiment savoir", a-t-il noté.
M. Mastracci suggère de porter une attention particulière aux provisions pour pertes sur prêts et à celles pour les prêts à venir.
"Je pense que celles-ci seront révélatrices", a-t-il estimé.
Dans l'ensemble, il s'attend à un trimestre qui sera légèrement plus modéré comparativement au dernier trimestre. Puis, il s'attend à ce que le prochain trimestre soit encore un petit peu plus modéré.
M. Kinsey était aussi optimiste, notant que jusqu'à maintenant, les banques continuent de surprendre les analystes avec la vigueur de leurs résultats. Il s'attend à ce que les bénéfices par action continuent de croître d'environ 10 pour cent par rapport à l'année précédente.
"Je pense que, en pesant le tout, les bénéfices seront bons. Les banques sont sur une merveilleuse lancée depuis des années", a poursuivi M. Kinsey.
"La seule averse qui pourrait rafraîchir la fête est le marché du risque (...) et il ne semble pas que cela aura des répercussions significatives sur les banques."
La Banque de Montréal pourrait aussi émettre des commentaires à propos des pertes de 680 millions $
Après la TD et la Royale, la Banque de Montréal dévoilera ses résultats le 28 août, en même temps que la Banque Scotia. Puis, la Banque Nationale procédera le 30 août, soit le même jour que la CIBC.

© La Presse Canadienne, 2012

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