La Cour supérieure du Québec a déposé jeudi une injonction interlocutoire contre Uniboard Canada pour la forcer à honorer une entente de 2004 qui régit l'achat de bois auprès des producteurs qui fournissent son usine de Sayabec, en Gaspésie.
Le regroupement régional des syndicats des producteurs de bois avait déposé une requête en cour en invoquant la clause de continuité de l'accord, après qu'Uniboard eut arrêté de faire des achats en mars.
L'entreprise a indiqué jeudi qu'elle se pliera au jugement en attendant de déterminer si elle porte la décision en appel.
Toutefois, elle a critiqué le manque d'efforts des syndicats dans le cadre des négociations pour le renouvellement de l'entente et les moyens qu'ils utilisent pour forcer la main de la compagnie.
Selon Uniboard, la mésentente ne vient pas du refus de la compagnie d'acheter du bois des producteurs, mais plutôt du refus des producteurs de leur vendre le bois à des conditions raisonnables.
"Dans le contexte actuel, soit une situation de crise qui affecte sans répit l'industrie forestière, Uniboard se doit d'agir afin de maintenir sa compétitivité et de continuer à offrir des emplois de choix en région, dans ses usines", a indiqué la compagnie dans un communiqué.
Le président et chef de la direction d'Uniboard, Jean Bélanger, affirme que l'entreprise a dépensé beaucoup d'argent pour faire redémarrer la ligne de production numéro 1 l'an dernier.
"Il est déplorable que les syndicats représentant les producteurs de bois de notre région ne souhaitent pas conjuguer leurs efforts avec les nôtres, en nous offrant de la matière première à un prix qui reflète les conditions du marché", a-t-il affirmé.
"Jusqu'à maintenant, beaucoup d'usines de transformation ont fermé et nous nous battons pour la survie de l'usine de Sayabec; nous allons prendre tous les moyens pour réussir."

© La Presse Canadienne, 2008