Les espoirs de CanWest MediaWorks de conclure rapidement son acquisition de chaînes spécialisées d'Alliance Atlantis Communications en obtenant l'approbation des autorités de réglementation d'ici à la fin de l'été ont été anéantis, l'entreprise faisant face à un report de l'examen de l'entente ce qui pourrait changer, selon certains observateurs, l'issue de la transaction.
Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a annoncé mercredi avoir reporté l'audience en vue d'examiner la demande de CanWest pour acquérir les entreprises de radiodiffusion appartenant à Alliance Atlantis Communications. L'audience doit maintenant avoir lieu le 19 novembre.
Le CRTC a expliqué que la décision de reporter de plus de deux mois la tenue de l'audience avait été prise en raison du dépôt par CanWest, à la fin de la semaine dernière, de 52 documents additionnels totalisant plus de 300 pages. L'organisme a ajouté avoir décidé d'agir de la sorte "par souci d'équité procédurale".
CanWest, propriétaire du réseau Global TV et du plus important groupe de presse au pays, et la banque d'affaires new-yorkaise Goldman Sachs souhaitent prendre le contrôle d'Alliance Atlantis Communications, au coût de 3,2 milliards $. L'entente à cet effet a été annoncée en janvier.
L'entente devait à l'origine être conclue au début du mois d'août, mais les deux entreprises ont décidé de retarder l'affaire de huit jours, au 15 août, parce qu'elles souhaitaient profiter de davantage de temps pour compléter le financement de la transaction.
Mardi, CanWest a annoncé que les autorités chargées de la réglementation avaient reporté à plus tard la date limite pour la soumission d'interventions en raison de sa décision de retarder la transaction.
Les parties intéressées ont maintenant jusqu'au 10 octobre pour soumettre leurs interventions et leurs commentaires.
Le report pourrait avoir un impact sur la transaction, ont laissé entendre des observateurs de l'industrie.
Il ne fera "qu'alimenter les craintes que la présente entente pourrait devoir être modifiée afin d'être approuvée, ce qui pourrait inciter certains investisseurs à se tenir à l'écart", a notamment affirmé Ben Mogil, analyste chez Westwind Partners.
A l'origine, CanWest s'était engagée à investir 132 millions $ dans le cadre de l'entente. La société avait par la suite augmenté cette somme à 200 millions $, avant de la faire passer à 262 millions $, en juillet.

© La Presse Canadienne, 2008