La valeur des fusions et acquisitions au Canada s'est élevée à 202 milliards $, pendant le deuxième trimestre de l'exercice en cours, dépassant de 89 milliards $ le précédent sommet enregistré un an auparavant, selon des données publiées mercredi par Crosbie and Company, mais ce rythme effréné devrait ralentir en raison de la crise actuelle du crédit.
La valeur ainsi que le nombre des ententes de regroupement se sont traduits par ces plus récents résultats trimestriels records. Le précédent sommet, en ce qui concerne la valeur des fusions et acquisitions, avait été atteint lors du troisième trimestre de 2006.
Il semble cependant que la cadence va diminuer, a indiqué Crosbie and Company, une banque d'affaires qui procède lors de chaque trimestre à une analyse du marché des fusions et acquisitions.
"L'économie des finances a viré de bord lors des dernières semaines. Il est possible que certaines des ententes qui semblaient bonnes il y a quelques semaines soient retirées ou renégociées", a affirmé Colin Walker, directeur général de Crosbie.
"La situation des hypothèques à risque et la perturbation des marchés du crédit vont certainement avoir un certain impact sur les fusions et acquisitions, bien qu'il demeure à voir jusqu'à quel point", a-t-il ajouté.
"La bonne nouvelle est qu'il semble qu'il y ait eu, jusqu'à présent, peu d'impact sur la vraie économie", a enfin affirmé M. Walker.
Les prises de contrôle constatées durant le deuxième trimestre de 2007 étaient de nature tant financière que stratégique.
Les prises de contrôle financières sont des acquisitions faites avec en tête le profit à court terme. Les ententes de ce genre ont représenté 35 pour cent de la valeur de toutes les ententes rendues publiques.
Les prises de contrôle stratégiques permettent quant à elle d'accroître le portefeuille d'actifs d'une entreprise.
Le deuxième trimestre du présent exercice aurait été un trimestre record même si les mégatransactions impliquant Alcan et BCE étaient exclues de l'équation, a indiqué la firme torontoise de services d'investissement dans son rapport.
Il y a eu 520 annonces de fusions et acquisitions durant la période d'avril à juin, soit légèrement plus que les 516 enregistrées au cours des trois mois précédents.
"Ce marché pourrait être perçu comme l'ultime marché des vendeurs", a indiqué M. Walker.
Les ententes ont été aidées par des conditions de financement favorables et des coûts en capital peu élevés, a indiqué Crosbie dans son rapport.
Par ailleurs, l'Association canadienne du capital de risque affirme que si l'actuelle crise du crédit aura vraisemblablement pour effet de faire cesser les ententes de plusieurs milliards de dollars, les acquisitions de premier plan ne représentent qu'une petite partie du secteur.
"Dans le secteur des mégatransactions, il faut s'attendre à ce que les choses ralentissent, mais il ne s'agit pas de la principale partie du marché", a indiqué Rick Nathan, directeur général de Kensington Capital Partners et président de l'association.