La Banque Nationale remet à plus tard ses projets de développement
Le 30 août 2007 - 18:03
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À cause de la crise du papier commercial adossé à des actifs (PCAA) qui la frappe de plein fouet, la Banque Nationale a révélé jeudi qu'elle repoussait de quelques mois le dévoilement de son plan de développement attendu le mois prochain.
À l'occasion de la divulgation de ses résultats pour le troisième trimestre, la Banque a en outre indiqué qu'elle pourrait devoir inscrire "une importante charge" à ses résultats à cause du PCAA.
La semaine dernière, l'institution montréalaise a annoncé qu'elle rachèterait pour 2 milliards $ de PCAA détenu par ses fonds communs de placement et ses filiales afin de protéger une partie de ses clients. Le marché canadien du PCAA _ des titres de dettes à court terme _ fait actuellement face à des perturbations et à une restructuration qui découlent de la crise hypothécaire aux États-Unis.
La Nationale est la seule banque à charte canadienne qui a dû racheter du PCAA pour rassurer ses clients. Jeudi, les questions des analystes financiers ont majoritairement porté sur ce sujet lors de la téléconférence avec les dirigeants sur les résultats.
Dans un communiqué, la Banque a précisé qu'à l'heure actuelle, elle ne pouvait pas "quantifier l'incidence financière" de la crise du PCAA. C'est au prochain trimestre que l'institution évaluera la valeur du PCAA qu'elle aura acquis.
Face à ce tumulte, la Banque Nationale reporte au mois de janvier l'annonce de son nouveau plan de développement, qui doit porter sur l'expansion hors Québec, la gestion de patrimoine et le programme "Un client, une banque".
"La période actuelle ne se prête pas à avoir une bonne écoute pour présenter des plans stratégiques et de développement d'affaires", a déclaré le chef de la direction financière de la Banque, Jean Dagenais, dans un entretien téléphonique.
"On préfère que ça soit fait à un moment plus opportun, alors que les marchés seront plus réceptifs", a-t-il ajouté, en admettant que "toute la question des liquidités et du papier commercial" expliquait en bonne partie le contexte difficile.
Résultats
La crise n'a toutefois pas eu d'impact sur les résultats du troisième trimestre, qui s'est terminé le 31 juillet. La Banque y a réalisé des profits records de 243 millions $ (1,48 $ par action), en hausse de 10 pour cent par rapport aux 220 millions $ (1,30 $ par action) enregistrés il y a un an.
Les revenus ont atteint 1 milliard $, soit 9,7 pour cent de plus que pendant la même période de l'année dernière. Quant au rendement des capitaux propres, il s'est élevé à 20,6 pour cent, contre 20,2 pour cent il y a un an.
Le secteur des marchés financiers de la Banque s'est illustré en enregistrant une hausse de 43 pour cent de son bénéfice net (96 millions $) et de 28 pour cent de ses revenus (312 millions $).
Le titre de la Banque Nationale a perdu 1,3 pour cent jeudi à la Bourse de Toronto, clôturant à 55,96 $.

© La Presse Canadienne, 2012

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