Bush et Bernanke font des interventions au sujet de la crise du crédit
Le 31 août 2007 - 15:56
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| Le président George W. Bush |
La Réserve fédérale américaine est prête à intervenir de nouveau "si nécessaire" pour limiter les conséquences de la crise du crédit immobilier sur l'économie américaine, a déclaré vendredi le président de la la banque centrale, Ben Bernanke.
"L'évolution des marchés financiers peut avoir des effets économiques profonds" dans de nombreux secteurs "et la Réserve fédérale doit prendre en compte ces effets pour déterminer sa politique", a déclaré M. Bernanke lors d'une intervention à l'occasion du séminaire annuel de la Fed à Jackson Hole, dans le nord-ouest des États-Unis.
Ces propos laissent ouverte la possibilité d'une baisse des taux directeurs de la Fed lors de sa réunion du mois de septembre, à moins que les conditions du crédit ne s'améliorent dans un avenir proche.
La Fed "est prête à prendre de nouvelles mesures" pour augmenter les liquidités, et "agira pour limiter les effets négatifs de la perturbation des marchés sur l'ensemble de l'économie", a ajouté le président de la Réserve fédérale.
Il s'agissait de la première intervention publique de M. Bernanke depuis la décision exceptionnelle de la Fed le 17 août d'abaisser son taux d'escompte de 50 points de base pour rassurer les marchés concernant les moyens de financement disponibles.
Le président de la banque centrale américaine a également déclaré vendredi dans un communiqué que les risques de ralentissement économique aux États-Unis avaient récemment progressé "de manière appréciable". Selon de nombreux économistes, une telle expression signifie que la Fed n'est désormais plus opposée à une baisse des taux, comme elle l'était restée au cours de la période de stabilité des taux directeurs amorcée en juin 2006.
Le banquier central a même été plus loin, en déclarant qu'un "nouveau durcissement des conditions de crédit, s'il dure, augmenterait le risque de prolongement et d'aggravation de la faiblesse actuelle de l'immobilier, (entraînant) un possible effet sur la consommation des ménages et sur l'économie de manière plus générale".
Selon lui, "les pertes financières (engendrées sur les marchés mondiaux par la crise des crédits immobiliers à risque) ont dépassé les projections les plus pessimistes" concernant les pertes sur créances douteuses. M. Bernanke n'a pas ménagé les investisseurs.
"Il n'est pas de la responsabilité de la Réserve fédérale de protéger les créanciers et les investisseurs des conséquences de leurs décisions financières", a-t-il affirmé. Concernant la situation du secteur immobilier, M. Bernanke a évoqué "un fort recul", ajoutant qu'une baisse prolongée de la construction de logements était à attendre.
"Évidemment, si les conditions actuelles persistent sur le marché hypothécaire, la demande de logements pourrait baisser encore davantage, entraînant des effets sur le reste de l'économie", a-t-il déclaré.
Le président George W. Bush a de son côté dévoilé une série de propositions visant à aider les propriétaires de logements en difficulté, mais a averti que le gouvernement fédéral n'allait pas offrir de main secourable aux spéculateurs de l'immobilier.
M. Bush a estimé qu'il y avait eu "des excès dans le secteur des prêts immobiliers", en particulier avec l'essor des prêts hypothécaires à taux variables, qui ont laissé beaucoup d'emprunteurs dans l'incapacité d'honorer leurs paiements mensuels. Les marchés financiers, quant à eux, se trouvent dans une "période de transition", qui voit les intervenants réévaluer les risques, a commenté le président américain.
"Ce phénomène dure depuis un certain temps et mettra encore quelque temps pour arriver à son terme, a-t-il déclaré. Dans l'état actuel des choses, l'économie américaine est suffisamment forte pour surmonter quelque turbulence que ce soit."
M. Bush a demandé au Congrès d'adopter une loi donnant à l'Administration fédérale du logement plus de souplesse dans la gestion des programmes d'assurances relatives aux emprunts hypothécaires. Il s'est également engagé à travailler avec les parlementaires à une réforme de la fiscalité, pour aider les ménages en difficulté à renégocier leurs prêts, afin de réduire leur endettement ou en cas de saisie du bien hypothéqué.
Alors que MM. Bush et Bernanke tentaient de rassurer les marchés et la population en général, le département américain du Commerce publiait des données suggérant que les consommateurs ont recommencé à dépenser au mois de juillet après avoir pris une pause en juin.
Les dépenses de consommation en juillet ont ainsi augmenté de 0,4 pour cent, soit deux fois plus qu'en juin. Elles ont notamment été encouragées par une hausse de 0,5 pour cent des revenus personnels, une donnée également publiée vendredi matin. Cette hausse est la meilleure performance en cette matière en quatre mois.
Le gain au chapitre des dépenses correspond aux attentes, alors que celui des revenus est le double de ce à quoi les analystes s'attendaient.
Malgré ces signes encourageants, les économistes sont prudents, soulignant que les augmentations de juillet pourraient n'être que ponctuelles compte tenu de la faiblesse de la confiance des consommateurs récemment observée. Le moral des consommateurs américains est affecté ces jours-ci par les difficultés du secteur immobilier et les perturbations des marchés financiers qui perdurent.
Les marchés espèrent en outre que la Réserve fédérale assouplira davantage ses programmes de financement.

© La Presse Canadienne, 2012

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