La crise des prêts hypothécaires à risque fait planer "un risque relativement élevé" sur plusieurs secteurs de l'économie canadienne, certaines portions de l'industrie des services financiers étant les plus vulnérables, affirme un rapport compilé par BMO Marché des capitaux.
Les fonds spéculatifs, les banques d'affaires et les fonds communs de placement sont vulnérables à une récente hausse des faillites hypothécaires déclarées par les propriétaires américains parce que les investisseurs hésitent de plus en plus à faire confiance à des véhicules financiers spéculatifs ou risqués, explique le document.
D'autres segments de l'économie canadienne aussi en péril sont les produits forestiers, les meubles et les biens domestiques, la fabrication de pièces automobiles, les métaux primaires, les produits électroniques et le tourisme, ajoute le rapport.
Mais Kenrick Jordan et Robert Hogue, deux économistes de la BMO, précisent que le secteur des finances et des assurances "est le plus directement menacé par la crise de liquidités".
En particulier, "le renversement soudain de la tendance qui favorisait l'investissement risqué ou spéculatif ralentira ou renversera le débit des fonds vers les fonds spéculatifs à fort endettement".
Plusieurs fonds spéculatifs utilisent un titre de créance, comme une obligation ou un autre instrument à revenu fixe, pour contrer la volatilité d'autres instruments financiers comme les contrats à terme standardisés et les actions.
Le rapport de la BMO précise qu'il est difficile d'évaluer l'impact réel de la crise "compte tenu du secret relatif dans lequel évoluent plusieurs fonds" et affirme qu'une vingtaine de fonds spéculatifs ont cessé de verser des remboursements aux investisseurs ou ont carrément mis fin à leurs opérations.
En ce qui a trait aux banques d'affaires, qui reçoivent typiquement des actions des entreprises pour lesquelles elles ont arrangé des transactions financières, le document affirme que la crise éloigne les investisseurs des fusions et acquisitions ou des acquisitions par emprunt.
Les ventes de fonds communs de placement pourraient enfin être touchées si la performance du fonds dégringole en raison des places boursières et d'une plus grande volatilité.

© La Presse Canadienne, 2012