L'ancien VP de Norbourg répond avec réticence aux questions de Vincent Lacroix
Le 6 septembre 2007 - 18:43
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Le comptable agréé Jean Hébert qui a travaillé pendant sept ans pour l'Autorité des marchés financiers (AMF), avant d'être embauché par Vincent Lacroix, de Norbourg, a répondu avec réticence, jeudi, aux questions de son ancien patron.
La veille, interrogé par Me Eric Downs qui représente les intérêts de l'AMF, il avait livré un témoignage dévastateur à l'endroit de Vincent Lacroix en disant avoir constaté qu'il s'était approprié de l'argent confié par des acheteurs de fonds mutuels.
A son arrivée chez Norbourg, à l'automne 2004, Hébert avait le mandat de voir à la conformité des fonds, de contrôler le compte en fiducie et de mettre de l'ordre dans les processus comptables en place. Tout était à faire, tellement "ça n'avait pas d'allure".
Lorsque contre-interrogé par son ex-patron, l'ancien vice-président finances de Norbourg a, à de multiples reprises, répondu qu'il ne se souvenait pas, même si des courriels qu'il avait reçu ou écrit lui étaient présentés.
Il a été beaucoup question du rôle de Citac, une entreprise de Québec qui s'occupait de la tenue et de la mise à jour des registres des Fonds Evolution. Pendant une bonne vingtaine de minutes, Vincent Lacroix a établi à l'aide de documents que tout ne tournait pas entre Norbourg et Citac.
"On ne pouvait pas opérer. On ne pouvait pas traiter les demandes de rachat, on n'avait pas les sommes", a soumis au témoin M. Lacroix qui estimait que Citac gardait de trop fortes sommes d'argent en encaisse pour couvrir les sorties de fonds à venir.
"On pouvait opérer quand même, mais il fallait rectifier la situation. Par la suite, le délai était plus court pour obtenir les réponses à nos questions", a répondu le témoin.
Quand Vincent Lacroix a menacé Citac de prendre des procédures judiciaires pour mettre fin au contrat, l'entreprise de Québec a consenti à accepter une compensation de 300 000 $ pour libérer les informations financières détenues au sujet des Fonds Evolution, a établi M. Lacroix.
Invité à expliquer la teneur du problème, le témoin Hébert a reconnu que Citac "prenait en otage nos données".
Il a également confirmé, qu'au 30 novembre 2004, les états financiers vérifiés de Fonds Evolution montraient une encaisse de 10 millions $ chez Citac.
"J'avais trouvé que c'était élevé. La confiance avait été éprouvée de sorte qu'on n'était plus certain de Citac", a ajouté le témoin Hébert.
M. Lacroix poursuivra vendredi le contre-interrogatoire du comptable.
Le procès de Vincent Lacroix porte sur 51 violations à la Loi sur les valeurs mobilières du Québec, soit par des manoeuvres pour influer sur le cours des valeurs à son profit, soit par des informations fausses ou trompeuses transmises à l'AMF.

© La Presse Canadienne, 2012

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