Le président de la FTQ, Henri Massé, déplore que les mesures dévoilées mardi par la chef du Parti québécois, Pauline Marois, pour juguler la crise dans l'industrie forestière n'apportent aucune solution à court terme.
En entrevue au "Devoir", Massé estime que la proposition péquiste d'adopter une "charte de construction" afin d'augmenter la proportion de bois récolté au Québec dans les bâtiments publics et commerciaux n'est pas une mauvaise idée. Mais cette charte ne peut avoir que des effets à moyen ou long terme, selon lui, tout comme l'aide accrue à la recherche-développement et à la deuxième et troisième transformations que préconise Mme Marois.
En outre, l'abolition immédiate de la taxe sur le capital pour les entreprises forestières qui investissent dans leur modernisation, une autre mesure avancée par le PQ, n'aurait pas d'effet. Les entreprises ne sont pas en mode d'investissement à l'heure actuelle, souligne-t-il.
Alors qu'on a assisté à une perte d'au moins 10 000 emplois _ ce chiffre serait plus élevé, selon M. Massé _ soit plus de 10 pour cent des effectifs de l'industrie, et d'autres mises à pied seraient à prévoir. Les grandes entreprises de pâtes et papiers perdent des millions et les scieries, dont plusieurs ont fermé, éprouvent de sérieuses difficultés.
Cet été, le gouvernement Charest a consenti une réduction du prix de la fibre de bois de 2 $ le mètre cube, mais c'est bien insuffisant, de l'avis du président la FTQ. Le coût de la fibre au Québec reçu à l'usine est de 140 $ le mètre cube, tandis qu'il est de 80 $ en Colombie-Britannique et de 90 $ en moyenne aux États-Unis, a-t-il signalé.
Les compagnies exercent des pressions sur la FTQ pour rouvrir les conventions collectives des travailleurs. La centrale est prête à des accommodements sur l'organisation du travail, mais pas sur les salaires et les fonds de pension. M. Massé a signalé que les salaires représentent huit pour cent des coûts de l'industrie tandis que le prix de la fibre en représente la moitié.

© La Presse Canadienne, 2009