Les marchés boursiers ont bondi et le dollar canadien s'est rapproché un peu plus de la parité avec le dollar américain, mardi, après que la Réserve fédérale américaine eut pris par surprise de nombreux observateurs en réduisant son taux directeur de la moitié d'un point de pourcentage, à 4,75 pour cent, afin de parer à une récession.
À Wall Street, l'indice composite Dow Jones des 30 valeurs industrielles a enregistré un gain de 335,97 points et terminé la journée à 13 739,39.
L'indice S&P/TSX de la Bourse de Toronto a quant à lui progressé de 195,54 points, à 14 005,40, clôturant au-dessus de la barre des 14 000 points pour la première fois depuis le 25 juillet.
L'importance de la réduction opérée par la Fed a fait chuter le dollar américain, tandis que le huard gagnait 1,36 cent US, à 98,64 cents US, après être monté à 98,74 cents US en journée. Il s'agit de son niveau de clôture le plus élevé depuis janvier 1977.
Le dollar canadien s'est élevé à 98,73 cents US, mardi, un niveau qu'il n'avait pas atteint en plus de 30 ans, peu après que la Réserve fédérale américaine eut choisi de contrer toute possibilité de récession en abaissant son taux directeur de 0,5 point de pourcentage.
Durant l'après-midi, le huard a atteint 98,73 cents US, à Toronto, soit 1,45 cent US de plus que le cours de clôture de lundi. Le dollar a terminé la séance, mardi, à 98,64 cents US, en hausse de 1,36 cent US. Il s'agit de son taux de clôture le plus élevé depuis le 25 janvier 2007.
Mardi, la devise canadienne a aussi enregistré l'une de ses plus importantes progressions en une séance.
La devise canadienne avait déjà commencé à s'apprécier lundi, alors que l'opinion généralement répandue faisait état d'une baisse prévue de 0,25 point de pourcentage du taux directeur de la Réserve fédérale américaine.
La banque centrale des États-Unis a plutôt choisi, mardi après-midi, de diminuer de 0,5 point de pourcentage son taux, une décision qui a été suivie par l'ascension du dollar canadien.
La Banque du Canada, jusqu'ici, maintient son taux directeur inchangé.
Conséquemment, la différence entre les taux canadiens et américains s'est accentuée, ce qui rend le Canada plus attirant pour les investisseurs allemands, japonais, américains et d'autres pays qui souhaitent y placer leurs fonds.
La vigueur du dollar canadien témoigne aussi de la force des éléments fondamentaux de l'économie canadienne, qui a profité des prix records du pétrole brut et de la forte demande pour les métaux, le charbon, les produits chimiques, le grain et autres produits agricoles.
Parallèlement, l'économie américaine éprouve des difficultés à cause du ralentissement dans le secteur immobilier et des problèmes dans le secteur du crédit.
Ces reculs ont eu des effets négatifs pour les producteurs canadiens de bois d'oeuvre.
Mardi, l'Association des produits forestiers du Canada a d'ailleurs pressé le gouvernement fédéral et la Banque du Canada de prendre rapidement des mesures pour atténuer les dommages que l'appréciation rapide du dollar canadien inflige au secteur manufacturier au pays.
Mardi, la Banque Nationale a publié une note dans laquelle ses analystes indiquent qu'après les turbulences du mois d'août, le dollar canadien a repris sa course vers la parité avec le dollar américain.
Selon l'analyse, rédigée par les économistes Stéfane Marion et Eric Dubé, la Réserve fédérale américaine n'aura pas d'autre choix que de réduire les taux d'intérêt à 4 pour cent ou 3,75 pour cent au cours des 12 prochains mois, "pour éviter une récession entraînée par la consommation".