Par Ross Marowits
Une entreprise d'aviation californienne a permis à Bombardier Aéronautique (TSX:BBD.B) de décocher le plus important contrat d'affaires de son histoire, une commande qui pourrait aller jusqu'à 80 avions Challenger 300 dont la valeur pourrait atteindre 1,9 milliard $ d'ici 2012.
Xojet a commandé 20 biréacteurs superintermédiaires Challenger 300 pour 450 millions $, en plus d'une option pour 60 autres, qui devraient être livrés au cours des cinq prochaines années, a annoncé mardi la compagnie.
"C'est une des plus grandes, si ce n'est pas la plus grande, transaction d'aviation d'affaires de l'histoire", a estimé le chef de la direction de Xojet, Paul Touw, lors d'un entretien.
"C'est une commande assez substantielle et nous sommes assez excités."
La livraison doit commencer au quatrième trimestre de l'année fiscale 2008. Xojet financera son achat de façon indépendante et ne passera pas par Bombardier, un des plus grands fabricants d'avions d'affaires au monde.
Bombardier n'a pas précisé quel sera l'impact de cette commande sur ses activités d'assemblage ou si elle devrait embaucher davantage d'employés pour satisfaire les exigences de ce nouveau contrat.
M. Touw affirme avoir un oeil sur l'avion de Bombardier depuis son entrée en service, il y a trois ans. Il a visité les installations de Montréal plusieurs fois, mais il savait qu'il voulait acheter ces appareils avant même d'avoir parlé avec des responsables de la compagnie.
Xojet était à la recherche d'un avion dont la conception répondait aux critères des lignes aériennes commerciales en raison de la forte utilisation qu'elle prévoit en faire, vu l'expansion du marché des biréacteurs d'affaires aux États-Unis.
Plus de 10 000 avions d'affaires parcourent le ciel, comparativement à environ 6000 en 2000.
L'an dernier, Xojet a complété plus de 10 000 heures de vol pour des clients des compagnies du Fortune 500, des institutions financières et des personnalités bien nanties.
Fondée en 2001, Xojet a connu une croissance phénoménale ces derniers temps, son chiffre d'affaires atteignant 36 millions $ en 2006 tandis qu'il n'était que de 2,4 millions $ il y a trois ans.
Le modèle d'affaires de la compagnie lui permet d'offrir un service à faible coût. La plupart de ses clients effectuent plus de 300 heures de vols par année.
M. Touw affirme avoir choisi le Challenger 300 plutôt que les avions des concurrents notamment en raison de ses performances supérieures et de ses données opérationnelles.
L'avion de huit à neuf places peut parcourir environ 850 kilomètres en une heure et peut traverser les États-Unis en cinq heures.
L'action de Bombardier a reculé de 4 cents mardi à la Bourse de Toronto, pour terminer la séance à 5,85 $.

© La Presse Canadienne, 2008