Les deux usines d'assemblage de berlines de General Motors au Canada à Oshawa, en Ontario, ont été fermées mardi matin, les deux installations étant victimes de la grève déclenchée lundi chez GM aux États-Unis par le syndicat des Travailleurs unis de l'automobile.
Ces usines, où travaillent environ 5600 personnes qui se retrouvent ainsi sans boulot, sont affectées par la perturbation des approvisionnements en pièces essentielles au montage des véhicules.
"L'usine d'automobiles restera fermée jusqu'à ce que la grève soit terminée", a indiqué le porte-parole de GM Canada, Stew Low.
Les usines touchées fabriquent des modèles Impala et Monte Carlo, de Chevrolet, ainsi que des Pontiac Grand Prix et des Buick Allure.
L'usine d'assemblage de camions d'Oshawa, de son côté, devrait avoir assez de pièces pour poursuivre ses activités au moins jusqu'à jeudi. Cette usine compte 3900 employés.
L'installation de fabrication de transmissions de GM Canada à Windsor, en Ontario, qui compte 1300 employés, a fermé ses portes lundi, moins d'une heure après le début du débrayage de l'autre côté de la frontière. Quant aux 3200 travailleurs à l'usine de moteurs et de transmissions de St. Catharines, toujours en Ontario, ils s'apprêtent à devoir arrêter de travailler d'ici le week-end.
Les employés canadiens touchés devront passer une semaine sans revenu avant d'être admissibles aux prestations d'assurance-emploi et à un paiement supplémentaire, ce qui devrait totaliser environ 65 pour cent de leur salaire habituel.
Selon le président des Travailleurs canadiens de l'automobile, Buzz Hargrove, entre 80 000 et 100 000 Canadiens, surtout en Ontario, pourraient être mis à pied d'ici la fin de la semaine chez GM Canada, ses fournisseurs de pièces et d'autres compagnies qui dépendent de cette industrie.
L'économiste de la Banque Scotia Carlos Gomes, spécialisé dans le secteur automobile, a estimé mardi que "80 000 pourrait certainement être un nombre raisonnable".
L'impact sur le secteur des pièces dépendra de la durée de la grève, a observé le chef de la direction de Wescast Industries (TSX:WCS.A), Ed Frackowiak.
"Si cela se poursuit au-delà d'une semaine ou deux, alors, bien sûr, cela va avoir un impact", a affirmé M. Frackowiak, dont la compagnie de Brantford, en Ontario, réalise plus du quart de son chiffre d'affaires avec GM.
"Si les choses s'arrangent, alors je crois que nous serons OK."
Chez Linamar (TSX:LNR), une société de Guelph, en Ontario, il est trop tôt pour déterminer l'impact du conflit de travail, a indiqué la porte-parole Crystal Roberts. "Nous fournissons General Motors et nous admettons qu'une grève des Travailleurs unis de l'automobile nous affectera", a-t-elle ajouté, mais aucun de leurs clients ne compte pour plus de 15 pour cent des ventes de Linamar.
Plusieurs espèrent que le débrayage de 73 000 syndiqués de GM aux États-Unis sera bref, mais le syndicat devra ensuite s'entendre avec les deux autres grands fabricants nord-américains, "alors même s'ils règlent le cas de GM, espérons-le, dans les quelques prochains jours, il restera le risque lié aux négociations avec Ford et Chrysler", a noté M. Gomes.
Selon lui, une longue grève chez GM pourrait faire basculer l'Ontario en récession, bien que l'impact sur les données du troisième trimestre sera limité puisque le conflit surgit à la fin de la période de juillet à septembre. "Si cela perdure un moment, cela pourrait certainement avoir un gros impact sur le quatrième trimestre."
Les trois constructeurs automobiles ont augmenté la cadence de production cet été "simplement comme mesure préventive", en cas de grève, a observé M. Gomes.