La présidente et chef de la direction de l'Association des banquiers canadiens (ABC), Nancy Hughes Anthony, a lancé un appel pour une diminution des impôts au Canada et la création d'une autorité de réglementation des valeurs mobilières unique, dans un discours, mercredi, devant le Economic Club de Toronto.
Selon elle, une fiscalité concurrentielle et un environnement réglementaire efficace sont essentiels pour aider toutes les entreprises à livrer concurrence dans l'économie mondiale d'aujourd'hui et assurer la prospérité à long terme des Canadiens.
Mme Hughes Anthony estime que le passage à une autorité de réglementation unique pour le secteur des valeurs mobilières serait à l'avantage des entreprises, grandes et petites. Elle a cité une recherche de son association qui a révélé que cette initiative réduirait le coût des capitaux des petites et moyennes entreprises, diminuerait leurs frais et améliorerait leur accès aux investisseurs à l'échelle nationale.
"Il est plutôt regrettable que certaines provinces ne soient pas disposées à abandonner leurs fiefs locaux à l'avantage des entrepreneurs canadiens et de l'économie du Canada dans son ensemble", a déclaré Mme Hughes Anthony, joignant ainsi sa voix à celle des gouvernements fédéral et ontarien aussi favorables à la création d'une agence unique. Les autres juridictions défendent plutôt le système dit de "passeport" basé sur une reconnaissance mutuelle au chapitre, notamment, de l'approbation des prospectus et l'inscription d'un courtier ou d'un conseiller.
Selon Mme Hughes Anthony, un régime de passeport pour réglementer les valeurs mobilières est une solution de deuxième ordre.
La dirigeante de l'association des banquiers a souligné que le Canada est 16e dans l'indice de compétitivité internationale du Forum économique mondial et se classe également à un faible rang en termes de taux d'imposition et de réglementation fiscale.
L'ABC recommande en outre que les diminutions prévues relativement à l'impôt fédéral sur le revenu des sociétés soient accélérées, et que le taux soit réduit encore davantage pour s'établir à 16,5 pour cent en 2012. L'allègement de l'impôt sur le revenu des particuliers, surtout en ce qui a trait à la fourchette d'imposition la plus faible, contribuera aussi à attirer et à conserver une main-d'oeuvre viable et favorisera une solide éthique du travail par des récompenses économiques, estime Mme Hughes Anthony.
Elle a ajouté que le gouvernement fédéral aura bientôt plusieurs avenues pour accroître la compétitivité du Canada, dont le discours du Trône, la mise à jour économique et fiscale ainsi que les groupes examinant l'équité fiscale, la question d'une autorité de réglementation unique en matière de valeurs mobilières et la compétitivité.

© La Presse Canadienne, 2008