L'équipementier en télécommunications Alcatel-Lucent a annoncé vendredi qu'il allait accélérer son plan de restructuration, déjà marqué par les 12 500 suppressions de postes annoncées en février, alors que la presse rapporte que sa directrice générale, Patricia Russo, va présenter un plan d'urgence fin octobre.
Dans son communiqué, le groupe précise seulement que la direction révisait actuellement le plan avec le conseil d'administration et prendra les mesures nécessaires pour améliorer la performance financière du groupe. Le 13 septembre dernier, le cours du titre avait plongé à son plus-bas historique, Alcatel-Lucent ayant revu à la baisse sa prévision de chiffre d'affaires annuel et tablé sur un résultat d'exploitation "proche de l'équilibre" au troisième trimestre.
En revanche, les récentes informations sur un éventuel durcissement du plan de restructuration ont profité vendredi au cours de l'action qui, à la mi-journée, était en hausse de 4,8 pour cent à 7,23 euros (environ 10,25 $ CAN).
Selon le Financial Times et le journal français Les Echos, Patricia Russo disposerait d'un mois pour présenter un plan de restructuration d'urgence au conseil d'administration et déterminer les domaines dans lesquels le groupe doit concentrer ses efforts de recherche et de marketing.
D'après la presse, les administrateurs qui se sont rencontrés à Paris le 21 septembre dernier, ont demandé à Mme Russo de présenter ce nouveau plan lors de la prochaine réunion du conseil d'administration, le 30 octobre. La dirigeante subirait des pressions pour rationaliser l'organisation du groupe, et notamment le comité exécutif, alourdi par la fusion.
Les Echos rapportent également que l'équipementier franco-américain prévoirait de nouvelles réductions de coûts avec davantage de suppressions de postes et l'abandon de certaines gammes de produits, même si son directeur financier Jean-Pascal Beaufret a affirmé à des analystes qu'Alcatel-Lucent ne céderait pas d'actifs majeurs.
Au cours de cette réunion extraordinaire du 21 septembre, Patricia Russo aurait déclaré que l'actuel programme de réduction des coûts serait étendu et que de nouvelles suppressions de postes, en sus des 12 500 annoncées en février, dont 1468 en France, seraient décidées. Bien que les membres du conseil d'administration n'aient pas remis en cause Mme Russo en tant que directrice générale, deux de ses membres ont indiqué aux Echos qu'ils ne pourraient pas la soutenir si le groupe lançait un nouvel avertissement sur résultats ou si ses résultats financiers continuaient de se dégrader.
La section CFDT du groupe a fait savoir de son côté qu'elle n'osait "pas imaginer que de nouvelles suppressions d'emplois, externalisations, délocalisations (...) puissent concerner la France alors que syndicats et direction y ont conclu des accords récemment". Le syndicat juge que la direction n'a "aucune raison de revenir sur ses engagements sauf à se discréditer davantage. Un tel retour en arrière serait interprété comme une déclaration de guerre par les salariés".