La prise de contrôle d'Alcan (TSX:AL) par le géant mondial des mines Rio Tinto a franchi une étape cruciale vendredi lors que ses actionnaires, réunis en Australie, se sont joint à ceux de l'Angleterre pour approuver par une majorité écrasante l'acquisition de 38,1 milliards $ US.
L'offre de 101 $ US par action de la société montréalaise, qui fera de Rio Tinto le plus grand producteur de bauxite et d'aluminium au monde, a été approuvée par 97 pour cent des voix, a précisé Rio Tinto.
La société londonienne n'a pas dévoilé la proportion des votes entre ceux enregistrés le 14 septembre en Angleterre et ceux déposés vendredi à Melbourne, en Australie. Dans l'ensemble, les détenteurs de 708 millions d'actions votantes se sont prononcés en faveur de l'entente, contre 19,6 millions de voix opposées.
Environ 56 pour cent des voix éligibles ont été exprimées, un nombre conforme à la participation habituelle lors d'assemblée générales, a précisé un porte-parole de Rio Tinto.
"C'est une étape majeure du processus, absolument, mais nous devons nous assurer de franchir tous les obstacles du processus", a estimé la porte-parole Christina Mills à La Presse Canadienne, depuis Londres.
Rio Tinto a refusé de dire combien d'actions d'Alcan avaient été déposées jusqu'à présent. En date du 14 septembre, moins de 0,2 pour cent d'entre elles avaient été déposées dans le cadre de l'offre. La plupart des actions ne devraient pas l'être avant les derniers instants précédant la date d'expiration de l'offre, soit le 23 octobre.
Alcan n'organisera pas d'assemblée extraordinaire de ses actionnaires à propos de l'offre, mais les deux tiers de ses actions devront être déposées pour que la transaction ait lieu. L'offre a été approuvée par le conseil d'Alcan.
Le président du conseil de Rio Tinto, Paul Skinner, s'est dit ravi d'avoir reçu un appui si éloquent de la part des actionnaires au sujet de la transaction.
"Nous tenterons de compléter la transaction au quatrième trimestre de 2007 et nous travaillons de près avec diverses agences réglementaires pour atteindre cet objectif", a-t-il déclaré.
Les autorités antitrust des Etats-Unis ont déjà approuvé la transaction et le Bureau de la concurrence du Canada a indiqué qu'il ne s'y objecterait pas.
Malgré cela, la fusion requiert toujours l'approbation de la France, d'Industrie Canada et d'organismes semblables en Australie.
Elle doit aussi obtenir l'approbation de la sécurité nationale des Etats-Unis en raison des contrats d'Alcan pour la défense.