La forte demande mondiale pour les solides du lait entraîne une hausse des prix qui nuit à Saputo en Europe et en Argentine.
"Le plus gros défi que nous avons à l'heure actuelle, c'est l'acquisition du lait", a déclaré le président et chef de la direction de l'entreprise montréalaise, Lino Saputo Jr., dans une entrevue accordée en marge d'une conférence d'investisseurs organisée par Marchés mondiaux CIBC à Mont-Tremblant.
En Europe, le coût de ces produits a bondi de pas moins de 30 à 40 pour cent au cours des six derniers mois.
"Il y a des changements dans l'industrie laitière européenne au niveau des subsides et des quotas, a expliqué M. Saputo. Il y a aussi un effet mondial: il y a beaucoup de demande pour les solides laitiers, donc tout le monde veut avoir du lait et je ne dirais pas qu'il y a une guerre de prix, mais les gens sont prêts à payer un prix supérieur pour obtenir le volume de lait dont ils ont besoin pour leurs usines de transformation."
En Argentine, où Saputo a des opérations, l'augmentation a été de 50 pour cent, à cause notamment d'inondations. Le prix des solides du lait y demeure toutefois parmi les plus bas au monde.
Jusqu'ici, la société a néanmoins réussi à maintenir sa rentabilité grâce à la grande efficacité de ses usines, a affirmé Lino Saputo. Il faut dire que les activités européennes et sud-américaines ne comptent que pour 5 pour cent du chiffre d'affaires du fromager et fabricant de produits de boulangerie.
Un autre défi
L'attention plus grande que portent les consommateurs à leur alimentation est l'autre grand défi que doit surmonter Saputo. Le pdg constate que de plus en plus de consommateurs s'éloignent des produits de boulangerie traditionnels, comme les gâteaux emballés Vachon, ce qui a poussé l'entreprise à concevoir de nouveaux produits.
"Nous avons de bons produits avec de bonnes marques, et nous occupons de bonnes parts de marché, sauf que les consommateurs en consomment de moins en moins à cause de l'aspect santé", a-t-il admis.
Pour ce qui est de l'expansion, Saputo espère toujours réaliser une acquisition en Australie ou en Nouvelle-Zélande, malgré les démarches infructueuses qui ont eu lieu depuis 2000.
Vendredi, le titre de Saputo a reculé de 2 pour cent pour clôturer à 52,60 $, à la Bourse de Toronto.

© La Presse Canadienne, 2012