Si Jean Charest trouve Mario Dumont 20 ans en arrière parce qu'il oppose développement électrique et environnement, Mario Dumont, lui, trouve Jean Charest "déconnecté de la réalité économique" et de l'histoire de son propre parti.
Quelques jours après le conseil général de l'ADQ, où le parti a justement élaboré le volet environnemental de son programme en traitant également de développement hydroélectrique, le chef de l'Action démocratique s'est adressé mardi à l'Association québécoise pour la maîtrise de l'énergie. Il y a répété sa volonté de développer à fond les exportations d'hydroélectricité.
"Quand tu as la ressource de base sur ton territoire et que tu connais ça, il me semble que ce n'est pas un plan complètement fou d'y aller à fond de train", a lancé M. Dumont devant les membres de l'association, qui l'ont longuement questionné sur les hausses de tarifs, l'éthanol, l'efficacité énergétique, les terminaux méthaniers, la politique énergétique du Québec et la nationalisation de l'éolien, entre autres. "On a un peu peur, peur d'exporter", a déploré le chef adéquiste.
Après le conseil général de l'ADQ, le week-end dernier, le premier ministre du Québec avait qualifié de "vingt ans en retard" la vision de M. Dumont, affirmant qu'il opposait l'environnement et le développement hydroélectrique. M. Dumont avait dit au cours du week-end que notre seul frein devrait être notre capacité de construire.
Mardi, M. Dumont a tenu à répliquer, mais en faisant dire à M. Charest qu'il avait qualifié de vingt ans en retard la volonté de l'ADQ de développer à fond de train le développement hydroélectrique.
"Quand Jean Charest dit que de vouloir réaliser des grands projets, aussi gagnants pour le Québec, et qui mettent en valeur notre capacité à nous de livrer une contribution d'énergie propre au nord-est de l'Amérique du Nord, qu'il dit que c'est vingt ans en arrière, c'est déconnecté de la réalité économique et déconnecté de son propre parti politique. Parce que le Parti libéral, une de ses contributions sous Robert Bourassa, ça a été la relance des grands projets hydroélectriques", a affirmé M. Dumont.
Il a nié vouloir opposer environnement et développement hydroélectrique. "Je ne pense pas qu'il (M. Charest) ait pu dire ça, car c'est exactement le contraire (que l'ADQ prône). On dit au contraire que les deux aujourd'hui sont combinés", a objecté M. Dumont.
Dans son allocution, il a essentiellement répété ce qui avait été dit au conseil général de l'ADQ. Il a fait état d'efficacité énergétique, de promotion de grands projets hydroélectriques, de hausses de tarifs pour éventuellement atteindre le "prix du marché" tout en aidant financièrement les ménages à faible revenu, ainsi que de la perception du Québec hydroélectrique comme faisant partie du grand ensemble nord-américain.