Kruger confirme les fermetures temporaires à Trois-Rivières et Brompton
Le 2 octobre 2007 - 20:30
|

|
Copier/Coller le code suivant à l'endroit voulu
|
|
[Fermer]
|
|
Par Ross Marowits
Quelque 1500 employés de deux usines québécoises de la papetière Kruger ont évité le pire mardi, lorsque l'entreprise a annoncé la fermeture temporaire des installations, plutôt que leur fermeture définitive, que certains craignaient et que d'autres estimaient essentielle.
L'usine de Trois-Rivières, en Mauricie, fermera du 28 octobre au 10 novembre, tandis que celle de Brompton, dans les Cantons-de-l'Est, fermera du 17 novembre au 1er décembre, a indiqué la société dans un communiqué.
Les réductions de production durant ces périodes seront de 25 000 tonnes métriques de papier journal, 6000 tonnes métriques de papier surcalandré et 8000 tonnes métriques de papier couché.
La société à capital fermé a expliqué sa décision en évoquant l'envol du dollar canadien et la progression continue des coûts de production, incluant les coûts de main-d'oeuvre, d'approvisionnement en fibres et d'énergie.
Le porte-parole de Kruger, Jean Majeau, a indiqué dans un courriel qu'il ne fournirait pas davantage de détails.
Des analystes de l'industrie ont estimé que la décision envoyait un "faible signal" compte tenu de la crise majeure qui afflige l'industrie nord-américaine du papier.
"Cette industrie est très malade et a besoin d'un grand remède en ce moment", a estimé lors d'un entretien Pierre Lacroix, de Valeurs mobilières Desjardins.
Selon lui, les producteurs de papier devront prendre d'importantes décisions pour réduire les stocks, vu la faible demande, la chute des prix et la hausse du dollar canadien.
"Ce dont vous avez besoin, c'est d'un engagement à faire des fermetures indéfinies", a estimé M. Lacroix.
"C'est probablement une bonne nouvelle pour ce qui est de l'emploi, a-t-il affirmé au sujet de la décision de Kruger. Mais pour ce qui est des prix, c'est un élément positif marginal."
Selon le vice-président du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, Renaud Gagné, une fermeture indéfinie de ces usines serait dommageable pour l'entreprise puisqu'elle aurait pour effet d'envoyer ses clients vers les concurrentes.
Malgré tout, d'autres employés se retrouveront en congé forcé ou perdront leur emploi au cours de 2008, a ajouté M. Gagné.
"Toutes les compagnies devraient arrêter peut-être deux ou trois semaines au cours de l'année 2008. Si le marché ne se redresse pas et si la situation ne permet par de concurrencer avec un dollar à parité, c'est clair qu'il va y avoir des arrêts."
M. Gagné juge que l'apport des gouvernements fédéral et québécois est essentiel pour aider les compagnies à moderniser leurs installations et à réduire les coûts de la fibre.
Kruger aimerait réduire ses coûts de production de 10 pour cent et réduire ses effectifs d'un autre 100 employés à Trois-Rivières.
Les négociations sont suspendues, mais M. Gagné a indiqué que les réductions de salaires seraient le tout dernier recours et n'auraient lieu que si toutes les autres avenues sont épuisées.
Selon certains rapports, Kruger perdrait 45 millions $ à son usine de Trois-Rivières. Le syndicat, qui a signé un accord de confidentialité après avoir pu jeter un coup d'oeil aux livres de la compagnie il y a près de deux ans, a refusé de commenter à ce sujet.
Les responsables syndicaux doivent rencontrer Kruger, mercredi, pour discuter des prochaines mesures de réduction de coûts.
Kruger possède des établissements au Québec, en Ontario, en Alberta, en Colombie-Britannique, à Terre-Neuve-et-Labrador, aux États-Unis et au Royaume-Uni, et emploie 10 000 personnes.

© La Presse Canadienne, 2012

|



|
 |


En manchettes
Montréal
Québec
Canada
Monde
Showbizz
Sports
|
|
 |

|