Des documents saisis dans les bureaux de Norbourg le 26 août 2005 ont été qualifiés de faux, mardi, par une vice-présidente de Northern Trust qui témoignait pour une deuxième journée d'affilée au procès de Vincent Lacroix.
Veda Nancoo a dit ne pas reconnaître la signature apparaissant sur des documents sensés démontrer que Northern Trust était le gardien de valeurs, au nom de Norbourg, des sommes d'argent que lui auraient confiées Robert Simoneau (oncle de Vincent Lacroix), Tami Dubrovsky, Lionel Dubrovsky, Rainhold ainsi que Services financiers Robertson.
"Mes recherches dans les données de Northern Trust m'ont permis de conclure que jamais Norbourg n'a ouvert un compte chez Northern Trust pour Robert Simoneau", a-t-elle dit. Elle a formulé le même commentaire à l'égard des supposés comptes des Dubrovsky, Rainhold et Services financiers Robertson.
Il importe de signaler que Vincent Lacroix, contrairement à son habitude, n'a pas pris de notes au moment de ces déclarations du témoin. Il paraissait plutôt songeur.
Lors de son témoignage en début de procès, le juricomptable François Fillion, dont les services ont été retenus par l'Autorité des marchés financiers (AMF), avait indiqué que Vincent Lacroix avait créé cette fiction pour justifier les retraits d'argent importants faits chez Northern Trust à son profit. Il avait également soutenu que Lacroix cherchait ainsi à convaincre l'AMF, qui se posait des questions sur les états financiers de Norbourg gestion d'actifs, qu'une part des revenus de cette société provenait de la gestion du portefeuille de ces cinq clients privés.
Uniquement pour Tami Dubrovsky, Vincent Lacroix prétendait qu'il gérait un portefeuille de 2,9 millions $, ce qui était de nature à laisser croire qu'il en découlait d'importants honoraires de recherche. Il pouvait ainsi justifier une part des revenus affichés dans les états financiers de la société Norbourg.
N'eût été des révélations de dernière minute du témoin Nancoo, les travaux entourant le procès de Vincent Lacroix auraient été sans histoire, mardi. À défaut d'obtenir le consentement de Lacroix pour que des liasses de documents soient déposés en vrac, l'avocat de l'AMF, Eric Downs, a dû les exhiber un à un au témoin Nancoo qui, à chaque fois, affirmait qu'ils étaient authentiques et qu'ils correspondaient en tout point aux données détenues chez Northern Trust. Il s'agissait d'une procédure nécessaire pour que ces documents soient admissibles en preuve.
L'AMF reproche à Vincent Lacroix d'avoir produit à son intention des documents faux et trompeurs et d'avoir manipulé les sommes d'argent que lui avaient confiées des investisseurs pour qu'elles soient placées dans les fonds communs du groupe Norbourg et Evolution.
Le procès se poursuit mercredi pour une 39e journée alors que le contre-interrogatoire de Mme Nancoo devrait s'amorcer en mi-journée.