Le gouvernement fédéral se prépare à émettre dès la semaine prochaine une directive en matière de politique visant à s'assurer que les prises de contrôle de firmes canadiennes stratégiques par des sociétés d'État étrangères ne constituent pas une menace pour la sécurité du pays.
Des sources ont affirmé à La Presse Canadienne que le ministre fédéral de l'Industrie, Jim Prentice, était préoccupé par le fait que des entités appartenant à des gouvernements étrangers fassent l'acquisition d'entreprises canadiennes de secteurs des ressources clés, en particulier des sociétés de l'industrie de l'énergie.
Et bien que les groupes d'affaires canadiens se soient habituellement opposés à toute intervention du gouvernement sur le marché, des dirigeants d'affaires ont en privé fait savoir à M. Prentice qu'ils ne s'opposeraient pas à ce qu'il mette un terme aux prises de contrôle de ce genre.
Le gouvernement a constitué un groupe d'experts dirigé par Lynton Wilson _ ancien président du conseil de Nortel Networks et de BCE _ afin d'examiner la question.
Toutefois, des sources affirment que M. Prentice, qui a été désigné ministre de l'Industrie au cours de l'été, est impatient de bloquer l'acquisition, au coût de 5,5 milliards $, de PrimeWest Energy Trust, une fiducie de Calgary, par le conglomérat international Abu Dhabi National Energy, aussi connu sous le nom de TAQA, dont le siège est situé aux Émirats arabes unis.
L'offre de prise de contrôle, visant à permettre à TAQA d'accroître de façon importante sa présence dans le secteur canadien des sables bitumineux, a été rendue publique le 24 septembre. Elle pourrait avoir incité Ottawa à agir dès maintenant au lieu d'attendre le dépôt du rapport du groupe de M. Wilson.
TAQA, que contrôle le gouvernement des Émirats arabes unis dans une proportion de 75 pour cent, compte devenir lors des cinq prochaines années une entreprise de 60 milliards $, en hausse par rapport à sa valeur actuelle de 21 milliards $, à la suite de la transaction impliquant PrimeWest. Elle a également l'intention de mener le tiers de ses activités au Canada.

© La Presse Canadienne, 2009