Faisant déjà l'objet d'une première réclamation de 77 millions $ US, le fabricant d'avions Bombardier révèle qu'il discute également d'une possible compensation avec les autres propriétaires de ses appareils Q400, relativement à des problèmes avec leurs trains d'atterrissage.
L'entreprise montréalaise a toutefois refusé, mercredi, de commenter plus avant ces pourparlers, après que le transporteur aérien suédois SAS AB soit devenu le premier à réclamer 77 millions $ US en guise de compensation pour ses coûts et pertes de revenus.
"Nous avons eu des discussions considérables avec nos clients relativement à ces incidents et le dialogue est diversifié, mais nous estimons actuellement qu'il s'agit de discussions confidentielles entre nos clients et nous", a dit en entrevue le porte-parole de Bombardier, John Arnone.
Mais quand on lui demande si ces discussions ont porté sur une compensation potentielle, il répond par l'affirmative.
SAS, qui a été le premier à acheter le Q400 en 2000, affirme que huit des appareils cloués au sol reprendront du service au cours des prochains jours. Cela voudrait dire que 90 pour cent des Q400 déployés dans le monde auront repris leurs vols habituels, a dit M. Arnone.
SAS a immobilisé sa flotte entière de Q400 le mois dernier, après deux atterrissages en catastrophe au Danemark et en Lithuanie en raison de problèmes avec leurs trains d'urgence. Personne n'a été sérieusement blessé.
Une enquête préliminaire a fait état d'un problème de corrosion sur un piston.
"Ces incidents découlent de problèmes avec des pièces qui ne sont pas mentionnées dans le manuel d'entretien. C'est pourquoi nous estimons que Bombardier est responsable", a dit le porte-parole de SAS, Hans Ollongren.
La compagnie entreprendra sous peu avec Bombardier des discussions portant sur la compensation, a-t-il ajouté, sans fournir d'échéancier plus précis.
M. Ollongren affirme que le transporteur a perdu environ 62 millions $ US depuis que sa flotte a été immobilisée. "Mais il y a aussi d'autres coûts, associés à la crédibilité et d'autres choses", a-t-il dit.
Il a ensuite refusé de dire si SAS compte poursuivre Bombardier, affirmant simplement que "nous allons commencer par les discussions. Nous ne discuterons pas des méthodes pour l'instant".
Les avions de SAS reprendront leurs vols jeudi, après un arrêt de trois semaines pour leur entretien et leur inspection.
Parmi les autres transporteurs qui comptent plusieurs Q400 dans leurs flottes se retrouvent Horizon Air, un transporteur régional géré par le groupe Alaska Air; Flybe, un transporteur britannique privé; et les japonais JAL et All Nippon Airways.
"Flybe poursuit des discussions étroites avec Bombardier; mais puisque Flybe n'est pas une société publique, elle ne ressent pas le besoin de commenter plus avant", a indiqué par courriel la porte-parole Stacey Pinkus.
Pour sa part, le porte-parole d'Horizon, Bill Coniff, a indiqué que le transporteur devrait dévoiler sous peu les coûts encourus par l'inspection de ses 33 appareils Q400 et l'annulation de 799 vols sur une période 13 jours.
M. Coniff a toutefois refusé de préciser si le transporteur entend réclamer une compensation.
Les analystes doutent par contre que toute compensation versée ait un impact marqué sur le troisième fabricant mondial d'avions.
"D'un point de vue financier, je ne pense pas que ça soit un gros problème pour eux (Bombardier)", a dit Cam Doersken, de la firme Versant Partners.
Le carnet de commande de Bombardier est bien garni pour le Q400 et les représentants de l'entreprise affirment avoir vendu de nouveaux appareils depuis les incidents, a-t-il ajouté en entrevue.
On doit toutefois encore déterminer pourquoi SAS a rencontré un problème plus important que les autres transporteurs avec ses trains d'atterrissage, et quelle compensation pourrait être offerte par le manufacturier de ces trains d'atterrissage, l'américaine Goodrich.
John Arnone a refusé de dire si Bombardier a discuté de la question des compensations avec Goodrich, et il n'a pas été possible d'obtenir de commentaires des représentants de cette dernière.
Mercredi à Toronto, le titre de Bombardier a perdu 18 cents pour clôturer à 6,00 $.