Les entreprises canadiennes restent optimistes face aux perspectives économiques, malgré une diminution des attentes concernant la croissance de l'économie américaine et la turbulence récente des marchés financiers, indique l'édition automnale de l'Enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada publiée vendredi.
L'étude, menée auprès de 100 entreprises du 16 août au 14 septembre, révèle que les chefs d'entreprise canadiens s'attendent à ce que la forte demande intérieure pour leurs produits se maintienne au cours des 12 prochains mois.
Avec l'annonce vendredi par Statistique Canada de la chute du taux de chômage sous la barre des six pour cent en septembre et la poursuite de l'envolée du huard qui a dépassé les 102 cents US pendant un moment vendredi, le prochain gouverneur de la banque, Mark Carney, se retrouvera devant un portrait contradictoire de la situation économique du pays.
D'un côté, l'économie canadienne semble continuer à évoluer au-dessus de ses capacités, le marché du travail demeure ferme et les salaires augmentent, mettant de la pression sur l'inflation, un indice clé pour la banque centrale.
La force du dollar canadien risque cependant d'avoir un effet amortisseur puisque les produits canadiens deviendront moins compétitifs dans le marché américain et le resserrement du marché du crédit continue de menacer la capacité des entreprises à financer des projets de développement.
"Les résultats de l'enquête n'envoient pas de signal clair à la Banque du Canada, mais le resserrement draconien des conditions du marché monétaire semble toujours favoriser un assouplissement de la politique monétaire", a estimé Ted Carmichael de JP Morgan Chase Canada.
L'étude trimestrielle de la Banque du Canada indique que, malgré l'inquiétude liée au ralentissement de l'économie américaine, 45 pour cent des entreprises souhaitent engager plus de travailleurs pour satisfaire la demande, alors que seulement huit pour cent disent vouloir réduire le nombre de leurs employés.
Plusieurs entreprises, soit 54 pour cent d'entre elles, ont rapporté avoir d'importants problèmes à satisfaire une demande qui demeure très forte.
La maturité du marché de la main-d'oeuvre a ainsi été la principale raison limitative de la croissance rapportée par les sociétés canadiennes. En tout 41 pour cent d'entre elles ont dit faire face à une pénurie de personnel.
Malgré une capacité limitée et une forte demande, la plupart des entreprises se sont dites confiantes en ce qui à trait à l'inflation et aux coûts.
En général, elles estiment que leurs coûts resteront similaires à ceux de l'an dernier, et 80 pour cent d'entre elles croient que l'inflation restera dans la fourchette souhaitée par la Banque du Canada, soit entre un et trois pour cent.
Toutefois, les entreprises ont dit avoir été affectées par la crise du crédit qui a atteint son apogée en août.

© La Presse Canadienne, 2008