La Bourse de Montréal a déposé vendredi une demande d'approbation réglementaire pour son futur marché climatique (MCeX), mais il y a plus: elle doit encore obtenir le feu vert d'Ottawa.
"On attend toujours que le gouvernement fédéral dépose les autres éléments de la réglementation, les limites de quotas et tout ça", a déclaré le président et chef de la direction de l'institution montréalaise, Luc Bertrand, dans un entretien téléphonique.
Par conséquent, le lancement du nouveau marché, annoncé en juillet pour la fin de l'année, sera reporté au début de 2008.
Dans les documents déposés à l'Autorité des marchés financiers, la Bourse souligne que les entreprises polluantes doivent impérativement se voir imposer des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour que le marché climatique puisse fonctionner.
L'idéal serait l'établissement de cibles fermes, comme le prévoit le protocole de Kyoto, mais des cibles fondées sur l'intensité des émissions, la voie empruntée par les conservateurs, seraient aussi viable, selon la Bourse de Montréal.
Le marché mondial du carbone a triplé entre 2005 et 2006 pour se chiffrer
à 30 milliards $ US, précise l'institution dans sa circulaire. L'Union européenne a accaparé l'immense majorité des transactions en 2006 (plus de 24 milliards $ US), alors que les échanges en sol américain n'ont totalisé que 38 millions $ US, soit moins qu'en Australie (225 millions $ US). Le reste (5,4 milliards $) découle des projets internationaux de réduction des émissions prévus par Kyoto.
La Bourse de Montréal ne fait pas de prévisions quant à la taille éventuelle du marché canadien. Mais comme il s'agira, à l'instar des Etats-Unis, d'un marché sans cibles fermes, il ne faudra pas s'attendre à un volume phénoménal dans les premières années, a convenu M. Bertrand.
Une chose est sûr: l'intérêt est vif chez les entreprises émettrices. Il existe déjà un "marché gris" d'échange d'unités de carbone, selon Luc Bertrand.
Le grand patron du parquet montréalais espère que le gouvernement fédéral publiera les cibles précises d'ici la fin de l'année. Il ne craint pas que des élections, de plus en plus probables, retardent le processus.
Le public a 30 jours pour formuler des commentaires relativement à la demande de la Bourse de Montréal.
Le MCeX, qui permettra la négociation d'un contrat à terme lié aux émissions de carbone, est une coentreprise de la Bourse de Montréal et de la Chicago Climate Exchange (CCX).
Le titre de la Bourse de Montréal a clôturé vendredi à 34,65 $, en hausse de 16 cents, à la Bourse de Toronto.