Les thèses économiques de Mario Dumont ne tiennent pas la route, selon le premier ministre Jean Charest.
M. Charest ne s'est pas gêné, mardi, pour attaquer les unes après les autres les prétentions du chef de l'opposition officielle en matière économique, alors que s'ouvrira le 16 octobre une nouvelle session parlementaire axée précisément sur le développement économique du Québec.
Par exemple, sur le rôle que doit jouer la Caisse de dépôt et placement, le premier ministre juge que son rival erre complètement en prônant un retour à une orientation plus protectionniste et interventionniste.
Il juge d'ailleurs "très dangereux" l'objectif poursuivi par M. Dumont, qui consiste à vouloir que la Caisse fasse en sorte d'éviter que des entreprises québécoises passent à des mains étrangères, comme ce fut le cas avec Alcan récemment.
"Il est en train de jouer avec les économies de tous les citoyens du Québec. Il est en train de dire qu'il est prêt à jouer au Monopoly avec l'argent durement gagné par plein de retraités québécois", a analysé le premier ministre, en conférence de presse, en marge d'une rencontre du caucus des députés libéraux, tenue en vue de préparer la prochaine session parlementaire.
M. Charest s'est vanté d'avoir modifié le mandat de la Caisse et ajouté qu'il n'était pas question de retourner en arrière.
À maintes reprises, il a tenté de donner de M. Dumont l'image d'un politicien "girouette" qui change d'opinion comme il change de chemise.
"Lequel des Mario Dumont vous me parlez aujourd'hui? (...) Il y a autant de Mario Dumont qu'il y a de journées dans l'année", a-t-il dit.
Au cours de l'automne, le gouvernement veut faire avancer plusieurs dossiers de nature économique, comme celui du port méthanier Rabaska.
Pour regagner l'adhésion des électeurs, le gouvernement semble d'ailleurs miser d'abord sur l'économie, alors que le taux de chômage est au plus bas.
"Une des plus belles réalisations de notre gouvernement, c'est sa performance économique", a plaidé M. Charest.
Par rapport au gouvernement fédéral, Québec souhaite une aide beaucoup plus substantielle pour soutenir le secteur forestier et le secteur manufacturier du Québec. Le gouvernement Harper ne peut quand même pas "plaider la pauvreté", avec 14 milliards $ de surplus dans ses coffres, a-t-il dit.
De plus, Québec poussera Ottawa à donner suite à l'engagement de limiter le pouvoir de dépenser du fédéral dans des champs de compétences des provinces.
Enfin, le premier ministre a répété qu'il ne prévoyait pas d'élections en 2007, ni même en 2008. "On ne voit pas pourquoi il y aurait des élections en 2008", a-t-il dit.