L'investisseur militant George Armoyan entend profiter de sa position d'actionnaire majoritaire chez Shermag (TSX:SMG) pour réduire les frais généraux de l'entreprise et augmenter ses ventes au Canada, dans l'espoir de ralentir "l'hémorragie financière" dont souffre le fabricant québécois de meubles.
"La compagnie fait face à une tempête", a déclaré l'investisseur, jeudi, lors d'un entretien accordé à La Presse Canadienne.
"Il y a une hémorragie en ce moment, et si nous ne stoppons pas l'hémorragie, (l'entreprise) va mourir", a-t-il ajouté.
Le fabricant de meubles, dont le siège est situé à Sherbrooke, a été frappé de plein fouet par le ralentissement de secteur immobilier américain, la faiblesse du dollar américain et la féroce concurrence faisant rage sur le marché international.
M. Armoyan a récemment rejoint au conseil d'administration de Shermag deux de ses collègues de Clarke (TSX:CKI), une société de portefeuille de Halifax qui détient une participation d'environ 20 pour cent dans Shermag. Le conseil d'administration de Shermag compte cinq membres.
Toujours soucieux des coûts, M. Armoyan croit qu'il peut tirer profit de son expertise pour s'attaquer aux coûts comptables, juridiques, professionnels, financiers et de consultation de l'entreprise.
Il compte ensuite déterminer si des efforts plus importants sont nécessaires pour augmenter les ventes sur le marché canadien, où les fluctuations du dollar ont un impact moins important.
"Par le passé, Shermag n'a jamais vraiment porté attention au Canada, alors nous aimerions qu'il se concentre sur le Canada", a affirmé M. Armoyan.
Le marché traditionnel de Shermag a toujours été les États-Unis, où les prévisions de l'industrie en terme d'achats de meubles par les consommateurs, cette année, sont les pires depuis 2001.
Bien que l'actuelle direction de Shermag ait adopté certaines mesures afin de faire face à la situation financière de l'entreprise, M. Armoyan estime qu'il y a place à amélioration.
Dans le but de réduire ses coûts, Shermag a procédé à des fermetures d'usine, des mises à pied et au transfert d'une partie de ses activités de fabrication en Chine.
Questionné quant à savoir si les travailleurs devraient être préoccupés par d'éventuels changements, M. Armoyan s'est montré prudent.
"Je ne crois pas que qui que ce soit doive s'inquiéter, a-t-il dit. Il s'agit d'une période très, très difficile, et nous allons faire de notre mieux pour préserver des emplois et replacer cette compagnie sur la voie de la stabilité."
À la Bourse de Toronto, jeudi, le cours de l'action de Shermag a terminé la journée à 1,60 $, en baisse de 9 cents par rapport au taux de clôture de la veille.