Les joueurs québécois de l'industrie des textiles intelligents, où travaillent quelque 4000 personnes, auraient intérêt à mieux faire connaître leurs produits et le potentiel qu'ils représentent s'ils veulent que le gouvernement soutienne les investissements.
C'est ce qu'a avancé le chef adéquiste Mario Dumont, jeudi, au cours d'une allocution prononcée devant une bonne centaine de participants à l'événement Expo Hightex.
"Faites connaître votre industrie, son potentiel. Les décideurs politiques n'ont pas une vision claire, précise et complète de votre production", a-t-il déclaré à la centaine d'entrepreneurs présents.
M. Dumont s'est montré agréablement surpris d'y voir autant d'innovations destinées tant au secteur militaire qu'à ceux du loisir et du sport. Il y a vu une avenue prometteuse dans une industrie manufacturière en fort déclin.
"Vous êtes dans le domaine de l'innovation technologique, de la recherche. Vous avez pris l'avenue de l'innovation", a-t-il dit.
"Vous faites des textiles seconde peau, des textiles qui tiennent au chaud ou au frais, changent de couleur, offrent davantage de sécurité et de confort aux travailleurs de la construction et de la santé, aux adeptes des sports et des loisirs. Il y a toutes sortes d'innovations étonnantes.
Aussi a-t-il incité les industriels à développer leurs produits qui font l'objet d'une demande mondiale, d'une véritable explosion dans le monde industrialisé.
Il est ensuite passé au nous.
"Dans une industrie mondiale en croissance, il faut prendre notre place et aller tirer notre épingle du jeu. Il faut dans cette croissance phénoménale de la demande que les industries québécoises aillent chercher la part du lion des retombées", a-t-il lancé.
Dans ce contexte, parmi les coups de pouce susceptibles d'être déployés par le gouvernement, M. Dumont a identifié une fiscalité avantageuse quant aux dépenses en investissement, en recherche et développement et un maillage accru entre la recherche universitaire et l'industrie.
Par ailleurs, M. Dumont s'est attiré des hochements de tête approbateurs quand il a abordé la question de l'environnement.
"On se dote au Québec de diverses règles du jeu en matière d'environnement et à travers ça on étouffe des entreprises québécoises parce que ce qu'on laisse entrer aux frontières n'est pas appelé à répondre à aucune norme semblable", a-t-il fait valoir.
"D'un côté, on se fixe des règles qu'on impose à nos producteurs et, de l'autre, aux frontières, dans le cadre du commerce international, on oublie ces principes, ces valeurs environnementales et ces règles. Dans les discussions futures en commmerce international nos gouvernements vont devoir resserrer la cohérence de leurs actions.
"Je sais que vous vivez ça dans l'industrie du textile. Si vous améliorez vos technologies, il est nécessaire que vous puissiez minimalement compétitionner sur des glaces ou des terrains qui ont une certaine forme d'équivalence. C'est clairement une responsabilité gouvernementale d'assurer une cohérence plus grande au plan du commerce international et des règles de fonctionnement intérieur", a poursuivi M. Dumont.
Pour le chef adéquiste, il importe que "ce qui rentre à la frontière respecte, sinon des normes identifiques, des règles minimales".