L'Etat de New York veut accroître ses importations d'électricité en provenance du Québec.
Voilà l'assurance obtenue par le premier ministre Jean Charest, vendredi, au terme d'un entretien avec le gouverneur de l'Etat, Eliot Spitzer, qui s'est dit impressionné par "l'énorme potentiel" du Québec sur le plan énergétique, un atout dont il aimerait à l'avenir tirer parti encore plus que par le passé, compte tenu des besoins sans cesse croissants.
Le gouverneur aurait assuré le premier ministre qu'il avait demandé à son personnel "de se mettre rapidement au travail" et de développer une "stratégie agressive" pour examiner les possibilités d'achat d'énergie du Québec, a rapporté M. Charest lors d'une brève entrevue téléphonique, en marge de la rencontre.
M. Charest s'est dit impressionné par sa première rencontre avec le gouverneur, qui n'est en poste que depuis quelques mois, mais "qui est très bien informé des dossiers".
Les deux hommes ont promis de se revoir et de faire le point en mai prochain, à l'occasion du quatrième sommet Québec-New York, qui aura lieu à Québec, dans le cadre des festivités entourant le 400e anniversaire de la ville. Les trois premiers sommets avaient eu lieu en 2002, 2004 et 2005.
Même si plusieurs autres sujets étaient à l'ordre du jour _ la lutte aux changements climatiques, la sécurité, le passeport aux frontières, les entraves au commerce ou à la mobilité de la main-d'oeuvre _, il reste que l'énergie constituait l'enjeu principal de la visite-éclair du premier ministre, sa quatrième visite officielle dans la Grosse Pomme depuis 2003.
Le but du voyage n'était pas de signer des ententes, mais bien d'entretenir et de donner un nouvel élan à la relation Québec-New York, sur le plan économique.
Un des principaux partenaires commerciaux du Québec, l'Etat de New York entretient avec son voisin du nord des échanges qui ont atteint plus de 10 milliards $ l'an dernier.
Le Québec a vendu pour 300 millions $ d'électricité à New York l'an dernier, soit le tiers des exportations totales d'Hydro-Québec.
Avant de s'entretenir avec le gouverneur Spitzer, M. Charest avait pris la parole devant un parterre de 400 gens d'affaires et personnalités, dont le président d'Hydro-Québec, Thierry Vandal.
"Nous voulons vendre de l'énergie propre et renouvelable à nos voisins américains", a-t-il dit d'emblée, dans son allocution d'une vingtaine de minutes, axée sur la croissance économique notamment assurée par la vente d'énergie.
"C'est l'objectif que nous poursuivons en activant ce moteur économique, énergétique, pour tout le Québec, pour pouvoir exporter de l'énergie", a-t-il ajouté, rappelant que l'énergie était "le coeur de la relation" entre le Québec et l'Etat de New York.
Croissance économique doit aller de pair avec ouverture des marchés, selon lui.
Il a aussi rappelé que son gouvernement avait mis de l'avant un plan "très agressif" de développement des ressources énergétiques de 31 milliards $.
En point de presse, par ailleurs, M. Charest est revenu à la charge pour proposer l'implantation à Montréal d'une bourse du carbone, d'abord pour les entreprises canadiennes, mais qui pourrait dans un deuxième temps englober tout le marché du nord-est de l'Amérique.
A propos d'une nécessaire mobilité accrue de la main-d'oeuvre entre les Etats, il a dit que son gouvernement privilégiait une ouverture avec l'Ontario et, parallèlement, avec la France _ incluant la reconnaissance des diplômes _, et que ces initiatives pourraient servir de modèle ailleurs par la suite.
"Je vois surtout ça comme étant l'avenir au niveau des échanges commerciaux", a-t-il dit.
Au sujet du passeport imposé aux frontières, il a répété sa position traditionnelle, à savoir qu'il serait préférable de trouver une solution de rechange moins lourde, compte tenu de l'importance des échanges entre les deux Etats.
Quant au dossier du train haute vitesse Montréal-New York, dans l'air depuis des années, Québec considère que la balle est dans le camp des Américains.