Par David Friend
L'entrepreneur du secteur automobile Frank Stronach et le dirigeant du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA), Buzz Hargrove, ont conclu une entente en vertu de laquelle l'organisation syndicale pourra représenter les travailleurs du fabricant de pièces automobiles Magna International.
Les deux hommes ont expliqué l'entente en soulignant la nécessité de travailler ensemble d'une façon non traditionnelle.
Lors d'une conférence de presse conjointe, lundi, M. Hargrove a indiqué que les deux parties tentaient depuis des années de parvenir à une relation ne reposant pas sur la confrontation, afin de faire face aux défis posés par les fabricants étrangers.
"Cela a été un processus évolutif, a déclaré le dirigeant syndical. Il y a eu beaucoup de travail, de nombreux efforts afin de tenter de développer une relation de confiance."
M. Hargrove, à la tête du plus important syndicat du secteur privé canadien, a affirmé que l'impact des importations asiatiques et de la rationalisation de l'industrie canadienne des pièces automobiles avait mené "chacun d'entre nous au même côté de la table, et je sais que cela a mené Frank et d'autres à dire: `Pourquoi devrions-nous gaspiller des efforts à nous battre les uns contre les autres au sujet de la présence d'un syndicat dans une division particulière de Magna alors qu'il est logique de nous asseoir et d'avoir une relation qui n'est pas traditionnelle, qui n'est pas de nature hostile'."
Le dirigeant des TCA a ajouté que l'entente n'entrerait en vigueur dans une usine de Magna qu'une fois qu'elle aura été ratifée par les travailleurs de l'usine en question.
M. Stronach, qui a fondé Magna et en a fait le plus important fabriquant de pièces automobiles au Canada, a quant à lui affirmé que la société avait besoin des syndicats afin de servir de contrepoids aux motivations de profit des entreprises.
"Une entreprise a un mandat, celui de faire un profit. Mais cela doit être tempéré", a-t-il déclaré.
Magna International compte 83 000 travailleurs dans 23 pays. Toutefois, seulement quelques milliers d'entre eux sont syndiqués, essentiellement dans des usines acquises dont les employés étaient déjà représentés par un syndicat.

© La Presse Canadienne, 2012