Par Isabelle Rodrigue
L'industrie forestière québécoise a besoin de gestes concrets du fédéral pour l'aider à traverser la crise qui l'accable, indique Guy Chevrette, du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), qui répétera ce message lors de sa rencontre avec le ministre fédéral de l'Industrie, Jim Prentice.
M. Chevrette discutera mardi avec le ministre de la difficile situation que vivent les scieries depuis des mois. Et celui qui n'a pas la langue dans sa poche n'ira pas par quatre chemins.
"Je vais lui dire la même chose que les gens nous disent: `Laissez-nous respirer. Donnez-nous un break sur le plan de la possibilité d'être plus compétitive comme industrie'", a résumé M. Chevrette lors d'un entretien téléphonique.
L'ancien politicien sait de quoi il parle. Depuis quelques semaines, il a entrepris une tournée des régions où le bois constitue un moteur économique majeur. La tournée n'est pas des plus joyeuses, a-t-il admis, puisque les fermetures d'entreprises ont mis des milliers de travailleurs à pied.
Aux prises avec une crise structurelle générée par l'état de la forêt québécoise et la coupe qui y est permise, l'industrie forestière du Québec doit maintenant faire face à un autre problème, conjoncturel celui-là: la hausse du dollar canadien. Et dans ce secteur, Ottawa peut intervenir, a souligné M. Chevrette.
"Chaque sou d'augmentation correspond à une perte de 150 millions $ annuellement pour l'industrie québécoise", a fait valoir le président-directeur général du CIFQ.
Par la voix de M. Chevrette, l'industrie plaidera auprès du ministre Prentice en faveur de mesures fiscales pour atténuer les impacts d'un fort dollar canadien.
"J'espère qu'un jour les bottines vont suivre les babines. Tout le monde parle, mais il n'y a rien qui se passe. Qu'ils agissent", a laissé tomber M. Chevrette.
Il dit néanmoins ne pas s'attendre à de grandes promesses dans le discours du Trône que doit présenter le gouvernement, mardi.`
"Je ne m'attends pas à des miracles, mais s'il pouvait minimalement avoir une sensibilité pour atténuer la flambée du dollar, ce serait déjà pas mal", a-t-il conclu.

© La Presse Canadienne, 2008