L'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et des députés de l'opposition demandent au gouvernement fédéral de renoncer à la vente, pour 1,4 milliard $, de sept édifices fédéraux, après qu'Ottawa en ait retiré deux autres de la transaction à la dernière minute.
Les deux édifices de Vancouver retirés par les conservateurs se trouvent sur des terres autochtones contestées, et cette décision a incité le syndicat et l'opposition à demander l'annulation pure et simple de la transaction, mercredi.
"Nous savons que la vente est une très mauvaise affaire pour les contribuables, a dit la vice-présidente exécutive du syndicat, Patty Ducharme. Nous savons aussi que certains problèmes juridiques concernant les revendications territoriales autochtones ont clairement pris le gouvernement par surprise."
Le mois dernier, la Cour fédérale a bloqué la vente du Centre Sinclair de Vancouver et d'un autre édifice du centre-ville après avoir statué que le gouvernement fédéral n'avait pas consulté la première nation Musqueam. Les édifices se trouvent sur ses terres ancestrales.
Le ministre des Travaux publics, Michael Fortier, a depuis retiré ces deux édifices de la transaction qu'il était à finaliser avec Larco Investments, ramenant à sept le nombre de propriétés à vendre et réduisant de 1,6 milliard $ à 1,4 milliard $ le montant de la vente.
"Cette liquidation a été mal pensée et les contribuables devront certainement en défrayer la note", a soutenu mercredi le député libéral Mark Holland, avant d'ajouter que trois autres édifices de Toronto et Ottawa pourraient aussi se trouver sur des terres contestées.
Les contribuables paieront environ 1,3 milliard $ pour louer les édifices, après leur vente. Le député néo-démocrate Charlie Angus a déclaré à la Chambre des communes que la transaction coûtera des centaines de millions de dollars aux contribuables. "Nous sommes en présence d'un tour de prestidigitation comptable assez sophistiqué", a dit M. Angus pendant la période de questions.
Le secrétaire parlementaire de M. Fortier, James Moore, a rejeté ces accusations. "Comme d'habitude, les calculs mathématiques du NPD sont une science en pleine évolution. En réalité, c'est une excellente transaction pour les contribuables."
La vente s'inscrit dans le cadre plus large des intentions du gouvernement de se départir d'une quarantaine de propriétés. Les autres édifices touchés par l'entente avec Larco, qui doit être finalisée mercredi prochain, se trouvent à Ottawa, Montréal, Edmonton, Calgary et Toronto. On y offre notamment des services de passeports, d'assurance-emploi et du Régime de pensions du Canada.
Une analyse réalisée par la firme Infometrica pour le compte de l'AFPC en est venue à la conclusion que le montant accepté par Ottawa pour ces édifices est inférieur d'environ 40 pour cent à leur valeur marchande, que la firme épingle à 2,3 milliards $. Mais au Sénat mercredi, M. Fortier a déclaré que les édifices valent environ 1,15 milliard $.
M. Holland entend maintenant demander un nouvel examen de la transaction, à la recherche de coûts cachés. De son côté, M. Ducharme affirme que la transaction coûtera 400 millions $ en 25 ans aux contribuables.