Les responsables européens de la sécurité aérienne ont demandé, lundi, une "rencontre d'urgence immédiate" avec des représentants du ministère canadien des Transports et de Bombardier, après que plusieurs des turbopropulseurs Q400 de Bombardier eurent connu des problèmes importants à l'atterrissage.
"Nous devons comprendre la nature du problème", a déclaré Elisabeth Schoffmann, une porte-parole de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA).
"L'AESA est très préoccupée par ce plus récent accident avec le Dash 8 Q400 et son lien possible avec d'autres accidents impliquant le Dash 8 Q400, a ajouté l'agence par voie de communiqué. L'AESA a demandé une rencontre d'urgence immédiate avec les responsables canadiens et le manufacturier pour discuter de l'aptitude au vol" de l'appareil.
Le transporteur aérien Scandinavian Airlines (SAS) a décidé, dimanche, de clouer ses 27 appareils Q400 au sol après que l'un d'eux eut atterri en catastrophe au Danemark, terminant sa course sur son fuselage à la suite d'un bris du train d'atterrissage.
Il s'agissait du troisième incident en sept semaines à impliquer cette entreprise et cet avion de transport régional.
SAS avait été le premier client à faire l'acquisition du Q400.
"Nous ne croyons pas que cet incident le plus récent va nuire aux ventes du Q400, compte tenu de la nature isolée des incidents et de la fiabilité apparente des nouveaux appareils", a dit l'analyste Benoît Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins.
Dans une note transmise aux investisseurs, M. Poirier rappelle que Bombardier a reçu deux nouvelles commandes de Q400, totalisant 22 appareils, au cours de la dernière semaine.
En dépit des accidents impliquant des Q400 survenus en septembre, le transporteur aérien australien Qantas a annoncé l'acquisition de 12 de ces appareils de 72 places pour sa filiale régionale QantasLink, une transaction évaluée à 345 millions $ CAN. Cela porterait à 21 sa flotte de Q400.
Qantas a aussi annoncé des options d'achat sur 24 autres Q400, qui sont fabriqués à l'usine torontoise Downsview, de Bombardier.
SAS a révélé que sa décision de mettre définitivement au rancart tous ses avions pourrait lui coûter jusqu'à 63 millions $ US.
L'annonce a malmené le titre de Bombardier, qui à un moment lundi, perdait plus de 8 pour cent de sa valeur. Environ 30 minutes avant la fermeture des marchés à Toronto, il valait 5,30 $, un recul de 23 cents ou 4,16 pour cent.
Les incidents n'ont pas fait de blessés sérieux, mais le conseil d'administration de SAS affirme qu'ils ont affecté la confiance des passagers envers les appareils et que de continuer à les utiliser pourrait nuire à la réputation de la compagnie.
Le transporteur conjoint de la Suède, de la Norvège et du Danemark explique qu'il remplacera les turbopropulseurs par d'autres appareils de sa flotte ainsi que par des appareils loués. SAS affirme que le Q400 représentait environ le cinquième de son nombre de sièges.