Le gouvernement fédéral présentera mardi après la fermeture des marchés une mise à jour économique et l'on s'attend à ce qu'il profite de l'occasion pour annoncer des baisses d'impôt tant pour les particuliers que pour les entreprises.
Le ministre des Finances Jim Flaherty a indiqué lundi qu'il souhaitait déposer le document à 16h00 à la Chambre des communes, plutôt que devant un comité parlementaire, comme c'est pourtant la tradition.
Pour ce faire, les conservateurs ont toutefois besoin du consentement unanime des partis. Or le Nouveau Parti démocratique (NPD) a déjà laissé savoir qu'il n'était pas d'accord. À moins que la formation change d'idée, M. Flaherty devra donc faire sa présentation ailleurs.
Le NPD préférerait que le gouvernement respecte l'horaire des travaux parlementaires. "On ne va pas donner au gouvernement carte blanche d'utiliser la Chambre des communes pour leur exercice publicitaire", a insisté le chef néo-démocrate Jack Layton, à l'issue de la période des questions.
La mise à jour économique permet habituellement à Ottawa de rajuster ses prévisions de croissance économique, quelques mois après le dépôt de son budget.
Cette fois-ci, le ministre Flaherty pourrait aussi en profiter pour réduire dès maintenant les impôts des Canadiens, plutôt que d'attendre le budget du printemps.
Il faut dire que le gouvernement fédéral a les moyens de le faire puisque son surplus atteint 8,7 milliards $ pour les cinq premiers mois de l'exercice.
Pressé de questions, M. Flaherty n'a pas fermé la porte à des bonnes nouvelles, allant même jusqu'à admettre lors d'un point de presse qu'il trouvait que les Canadiens étaient trop taxés.
Dans un rapport publié lundi, la Banque TD évalue à plus de 13 milliards $ la marge de manoeuvre financière du gouvernement pour 2008-2009 et 2009-2010. C'est plus qu'il n'en faut pour des baisses d'impôt "généralisées et significatives".
L'institution financière torontoise souligne ainsi qu'une réduction d'un point de la TPS réduirait les revenus de l'État d'environ 5,5 milliards $ par an. La banque préférerait toutefois d'autres formes de réduction du fardeau fiscal, qui auraient un effet sur la compétitivité de l'économie canadienne.
C'est aussi ce que souhaitent les libéraux. Dans une allocution à London en Ontario, lundi, leur chef Stéphane Dion a mis en garde les conservateurs contre une baisse de la TPS qui constituerait "une erreur".
"Comparée aux réductions d'impôt sur le revenu, une réduction de la TPS ne fait rien pour rendre notre pays plus concurrentiel sur les marchés internationaux, fera peu pour rendre notre système fiscal plus juste, pour améliorer notre productivité et pour faire progresser notre économie", a-t-il déclaré.
De son côté, le Bloc québécois est particulièrement préoccupé par la situation du secteur manufacturier et de l'industrie forestière de l'Est du pays.
Quant au NPD, il trouve qu'il serait plus sage de réinvestir dans les infrastructures et dans les communautés plutôt que de baisser les impôts.
"Nous dégageons un surplus. C'est une occasion en or d'investir", a fait valoir le leader Jack Layton.