Le réseau de télévision TQS abolit une quarantaine de postes dans ses stations à Montréal, Québec et en région.
Le télédiffuseur, une coentreprise de Cogeco (TSX:CGO) et CTVglobemedia, a indiqué mardi qu'il devait effectuer une importante réduction de ses frais d'exploitation et réduire son effectif afin de faire face à la crise qui secoue l'ensemble des chaînes généralistes privées canadiennes.
Une quarantaine de postes seront supprimés au sein du réseau, soit une quinzaine à Montréal, une quinzaine à Québec et une dizaine dans les trois autres régions où TQS a des stations, soit Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay.
Mardi, le président et chef de la direction de TQS, René Guimond, a souligné dans un communiqué que "ce n'est pas de gaieté de coeur que nous prenons cette décision".
"Nous avons choisi d'agir dès maintenant en réduisant nos coûts d'exploitation récurrents tout en protégeant la grille de programmation, sans quoi l'entreprise pourrait être forcée de prendre des mesures encore plus sévères", a-t-il déclaré.
Selon M. Guimond, un important déséquilibre avantage les canaux de télévision spécialisés, sur le plan des revenus, au détriment des chaînes généralistes qui sont privées des frais d'abonnement.
"Cette iniquité constitue un facteur aggravant des problèmes de rentabilité auxquels les chaînes généralistes privées canadiennes sont confrontées", a-t-il dit.
L'effectif de TQS, un réseau de télévision généraliste francophone, passera d'environ 650 employés à un peu plus de 600, a précisé un porte-parole, Claude Deraîche. Il s'agit d'une coupe d'environ 6 pour cent du personnel.
La plupart des secteurs seront touchés, a-t-il indiqué: personnel de bureau, vendeurs, responsables de la gestion publicitaire, employés des services techniques, caméramen, journalistes et monteurs. Des postes à temps plein seront convertis en postes à temps partiel.
Le télédiffuseur exploite directement cinq stations à Montréal, Québec, Saguenay, Sherbrooke et Trois-Rivières, et compte aussi quatre stations affiliées dans les régions de Gatineau-Ottawa et de Val-d'Or-Rouyn-Noranda, de même qu'à Rimouski et Rivière-du-Loup.
Cogeco détient 60 pour cent de TQS, tandis que CTVglobemedia en possède 40 pour cent. Au moment de la conclusion du partenariat, en 2002, l'investissement de Cogeco dans le réseau valait 107,6 millions $, contre 72,3 millions $ pour celui de CTVglobemedia.
Lundi, au moment de dévoiler ses résultats pour l'exercice 2006-07, Cogeco a annoncé qu'elle et son partenaire avaient demandé à Marchés mondiaux CIBC de les conseiller afin "d'évaluer les choix stratégiques" qui leur sont ouverts à l'égard du réseau de télévision déficitaire.
Une porte-parole de Cogeco, Marie Carrier, avait alors indiqué que la vente de TQS faisait partie des options. Cogeco et CTVglobemedia pourraient aussi choisir d'accueillir un nouveau partenaire financier ou de s'en tenir au statu quo.
M. Deraîche a assuré mardi que les compressions de personnel n'étaient pas liées à l'annonce de Cogeco et CTVglobemedia.
C'est la décision de Radio-Canada (SRC) de désaffilier ses stations régionales de Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay de celles de TQS dans ces villes, le mois dernier, qui a poussé Cogeco et CTVglobemedia à revoir leur participation dans le deuxième réseau de télévision privé au Québec.
Cogeco a indiqué lundi que la perte de l'affiliation à la SRC et des stations jumelées minera la viabilité des services locaux de TQS dans les trois marchés visés et se traduira par une détérioration de la position concurrentielle du télédiffuseur privé tant à l'échelle locale que nationale.
Au quatrième trimestre, terminé le 31 août, la perte d'exploitation du secteur médias de Cogeco, qui comprend TQS, a diminué à 3,3 millions $, contre 4,4 millions $ un an plus tôt.
À la Bourse de Toronto, mardi, le titre de Cogeco a reculé de 15 cents pour terminer à 39,65 $.