Par Beth Gorham
Après avoir connu un été qualifié d'"infernal" à la frontière Canada-Etats-Unis, des gens d'affaires des deux pays ont réclamé mardi des mesures plus rapides pour combattre l'aggravation des tracasseries bureaucratiques jugées coûteuses.
Les retards à la frontière ont été les pires depuis le 11 septembre 2001 _ et on n'a encore rien vu, a déclaré le président d'une association d'exploitants américains devant la U.S. Chamber of Commerce.
La multiplication des contrôles de sécurité, le manque de personnel et des défaillances informatiques sont en partie responsables, disent certains cadres d'entreprises. Même chez les camionneurs inscrits à un programme censé accélérer le passage à la frontière, 12 pour cent doivent se soumettre à de nouvelles vérifications, a fait remarquer le président d'une chambre de commerce de l'État de Washington.
La persistance aux États-Unis de la perception erronée selon laquelle le Canada est une passoire pour les terroristes et n'est pas assez sévère en matière de sécurité n'aide nullement, a ajouté Ken Oplinger.
Un avocat a déploré qu'il n'y ait toujours pas de plan d'urgence pour maintenir le commerce transfrontalier _ estimé à 1 million $ la minute _ au cas où il y aurait un autre attentat terroriste. Les attentats du 11 septembre 2001 avaient entraîné la fermeture de la frontière.
Plusieurs craignent des bouchons monstres à la frontière lorsque les États-Unis commenceront à exiger des passeports aux points de passage terrestres et maritimes, peut-être dès l'été prochain.
Washington devrait sous peu appuyer formellement l'idée du permis de conduire haute technologie comme solution de rechange à l'obligation de détenir un passeport, mais selon M. Oplinger, la balle est dans le camp d'Ottawa sur cette question.
Dans une allocution devant la chambre de commerce, le ministre canadien de l'Industrie, Jim Prentice, a affirmé que le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité, noué entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, pourrait contribuer grandement à l'élimination des contraintes administratives.

© La Presse Canadienne, 2009