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Malgré la croissance de l'économie, la pauvreté demeure stable au pays

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Les associations canadienne et québécoise des banques alimentaires constatent avec dépit que la pauvreté demeure relativement stable malgré une forte croissance de l'économie.

Les deux organismes ont rendu public, jeudi, leur "Bilan-Faim 2007".

On y apprend notamment que la proportion de travailleurs qui ont recours aux banques alimentaires est en hausse constante, le salaire minimum n'étant pas suffisant pour assurer l'alimentation d'un ménage.

Au Québec, on note une très forte augmentation des femmes seules et sans enfant parmi les utilisateurs, celles-ci étant davantage exposées aux emplois au salaire minimum, à temps partiel ou précaires.

En contrepartie, on note une diminution de la proportion des chefs de familles monoparentales ainsi que des familles avec enfants. Les administrateurs de banques alimentaires estiment que ces changements pourraient être partiellement attribuables aux mesures de soutien à la famille du gouvernement québécois, bien qu'ils ne disposent d'aucune donnée pour appuyer cette thèse.

Les porte-parole des banques alimentaires sont particulièrement outrés de constater que le gouvernement fédéral engrange des surplus annuels de l'ordre de 14 ou 15 milliards $, mais qu'il ne consacre par un sou à la lutte contre la pauvreté.

Ils réclament une réforme de l'assurance-emploi pour qu'elle soit plus accessible et plus généreuse, une stratégie nationale pour offrir des logements abordables, une augmentation du salaire minimum à 10 $ l'heure et des hausses des prestations d'aide sociale.

"Il y a vraiment quelque chose qu'il faut corriger et qui est profondément vicieux dans notre économie, où on a des gens qui travaillent 40 heures par semaine et qui ont besoin de la banque alimentaire pour être capables de manger 30 jours dans le mois", a déclaré un porte-parole de l'Association québécoise des banques alimentaires et des moissons, Clément Bergeron.

"Il y a quelque chose qui ne marche pas. C'est un manque de volonté politique, un manque de vision sociale", a-t-il ajouté.

A l'échelle canadienne, le bilan démontre que plus de 720 000 personnes ont eu recours aux banques alimentaires, dont près de 40 pour cent étaient des enfants. Il s'agit d'une très légère baisse d'environ quatre pour cent par rapport à 2006.

Au Québec, ce sont plus de 150 000 personnes qui ont dû se tourner vers les organismes charitables pour répondre à leurs besoins en alimentation en 2007, dont 110 000 à Montréal seulement. Les données montréalaises démontrent qu'environ 33 000 de ces utilisateurs sont des enfants.

Fait à noter, les données montrent une diminution de 3 pour cent des utilisateurs de banques alimentaires à l'échelle québécoise en 2007, mais une augmentation de 2,5 pour cent à Montréal.

Les données ont été recueillies durant tout le mois de mars 2007 et, bien qu'elles soient limitées dans le temps, elles offrent un portrait assez fidèle de la situation sur une base annuelle, selon les banques alimentaires.

© La Presse Canadienne, 2012


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