La valeur des fusions et acquisitions au Canada au troisième trimestre a totalisé 91 milliards $, les acquisitions "transfrontalières" comptant pour 41 pour cent du nombre de ces transactions, selon un récent bilan.
Le montant de ces transactions est le deuxième plus élevé jamais enregistré au cours d'une période trimestrielle, indique dans ce rapport Crosbie, une banque d'affaires qui établit tous les trois mois la valeur des fusions et acquisitions.
Le record est cependant tout frais, à 116 milliards $, et il a été atteint lors du deuxième trimestre de cette année.
"Nous nous attendons à une hausse dans les activités de fusions et acquisitions, a déclaré Ian Macdonell, directeur général de Crosbie. La grande question est de savoir si nous allons continuer d'avoir des conditions économiques favorables et un marché boursier aussi vigoureux. Dans l'éventualité où ce contexte change, on peut s'attendre à une baisse des fusions et acquisitions, une tendance qui s'est vérifiée dans le passé. A ce stade-ci, on n'entrevoit pas un tel changement, mais il y a certainement des nuages à l'horizon."
M. Macdonell a affirmé que la hausse du dollar canadien a peut-être favorisé les entreprises canadiennes souhaitant faire des acquisitions à l'étranger, mais il a souligné que la vigueur de la devise n'a habituellement que peu d'impact sur la progression des fusions et acquisitions.
Les transactions transfrontalières ont compté pour 41 pour cent du nombre de fusions et acquisitions, au troisième trimestre. Elles comptent pour 71 pour cent de la valeur totale des transactions effectuées lors de la période de juillet à septembre.
Sept des 10 plus importantes transactions du trimestre ont été conclues entre des entreprises situées dans des pays différents.
Comme par les années passées, le nombre d'acquisitions faites par des entreprises canadiennes est deux fois plus important que celui des entreprises canadiennes qui passent à des intérêts étrangers. Cependant, la valeur des transactions effectuées par des sociétés étrangères est beaucoup plus importante que la valeur des acquisitions conclues par des entreprises du Canada.
Les trois plus importantes transactions transfrontalières, au troisième trimestre, ont été les acquisitions d'Alcan, Western Oil Sands et PrimeWest Energy Fund, qui ont également constitué les trois transactions les plus importantes annoncées lors de cette période de trois mois.
Robert Mantse, vice-président de DBRS, a reconnu que le huard était peu susceptible de stimuler l'activité économique en terme de fusions et acquisitions, mais, a-t-il dit, il permet aux entreprises canadiennes de passer du côté des vendeurs à celui des acheteurs.
"Si vous vouliez acheter une entreprise pour 20 millions $ US aux États-Unis (l'année dernière), cette même entreprise vous coûterait maintenant 16 millions $ US. Il s'agit d'un sérieux avantage concurrentiel", a-t-il affirmé.
M. Mantse a dit s'attendre à ce que le niveau d'activité demeure élevé dans le secteur des mines et des métaux. Mais puisque des gros joueurs tels que Stelco et Alcan sont maintenant hors du coup _ ayant été acquis par U.S. Steel et Rio Tinto, respectivement _ les transactions pourraient être de moindre importance, a-t-il précisé.
Il s'attend à une plus grande croissance du côté des regroupements dans les secteurs des matières premières et des technologies. Il a notamment donné l'exemple de l'annonce, lundi, de l'acquisition de l'entreprise canadienne Cognos, du secteur du logiciel, par International Business Machines.