Le grand patron de CanWest Global Communications (TSX:CGS), Leonard Asper, a tenté de rassurer les autorités fédérales, lundi, en affirmant que son entreprise gardera le contrôle sur sa programmation télé au Canada malgré le fait qu'elle ne détient qu'une participation minoritaire dans la transaction pour l'acquisition d'Alliance Atlantis Communications (TSX:ACC.B).
Le président de CanWest, Leonard Asper, a ouvert les audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) en expliquant pourquoi le partenaire majoritaire dans la transaction, la banque d'affaires new-yorkaise Goldman Sachs, ne jouera pas de rôle actif dans les décisions de programmation.
Les audiences doivent déterminer si la participation minoritaire de CanWest, qui est de 36 pour cent dans la transaction, contrevient à la réglementation fédérale sur la propriété étrangère.
En vertu de l'entente conclue en janvier, Goldman Sachs détiendrait un tiers des actions avec droit de vote et une participation financière de 64 pour cent dans l'entreprise, incluant la position d'Alliance dans la franchise de la série télé CSI, une importante source de revenus.
Mais Leonard Asper a soutenu que l'entente avec Goldman Sachs est d'abord et avant tout financière et que la banque d'affaires ne jouerait pas un rôle important concernant les décisions stratégiques de programmation.
"Si vous vouliez échanger une chaîne pour une autre, ce serait une décision stratégique et vous auriez besoin de l'accord de Goldman Sachs", a remarqué le président du CRTC, Konrad von Finckenstein.
Si M. Asper a admis que le partenaire étranger pourrait empêcher CanWest de prendre certaines décisions, il a souligné qu'il ne pourrait pas non plus le contraindre à en prendre. D'autres dirigeants de CanWest ont laissé entendre que l'entente est temporaire et que le géant médiatique canadien compte prendre le contrôle total d'Alliance d'ici 2012.
Goldman Sachs a aussi informé l'agence fédérale qu'elle n'est aucunement intéressée à influencer ce qui est diffusé à la télévision canadienne.
"Je veux vous assurer que Goldman Sachs n'a aucun désir de contrôler une entité de diffusion d'Alliance ou de CanWest, a dit Gerry Cardinale, le directeur général de la firme. Cette transaction a été conçue pour que CanWest garde le contrôle (...). Nous ne sommes pas des gestionnaires de télévision, et nous ne souhaitons pas le devenir."
Mais CanWest n'aura pas la vie facile pendant ces audiences, puisque de nombreux intervenants s'opposent à la structure de gestion complexe qui est proposée.
Le syndicat national des acteurs, l'ACTRA, a diffusé un communiqué lundi, avant son témoignage devant le CRTC, dans lequel il affirme que cette transaction est en fait une prise de contrôle camouflée d'un média canadien par des intérêts étrangers.
Pour sa part, le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier blâme l'acquisition d'Alliance pour les mises à pied annoncées récemment par CanWest, affirmant que l'entreprise manque de fonds pour boucler le tout.