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| Le premier ministre Jean Charest |
Par Pierre St-Arnaud
Le premier ministre Jean Charest cache mal son impatience face à la lenteur d'Ottawa à réagir à la forte poussée du dollar canadien.
Profitant d'une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, lundi, M. Charest a demandé une fois de plus à son homologue fédéral Stephen Harper de réunir les premiers ministres des provinces et territoires pour discuter de la question.
M. Charest a qualifié la situation d'urgente et en a profité pour rappeler au gouvernement conservateur sa promesse du discours du Trône de soutenir les industries manufacturières en difficulté en raison de la hausse du dollar canadien.
"On ne peut pas se croiser les bras dans un contexte comme celui-là et ne pas tenir compte de l'impact que ça l'a sur notre économie. Ca l'a un impact immédiat", a précisé le premier ministre lors d'un point de presse.
"Il y a des décisions d'investissement qui ne se prennent pas aujourd'hui même, en attendant de voir plus clair dans l'évolution du dollar canadien. Il y a des gens qui ont des décisions d'investissement à prendre et ils restent assis sur leurs mains, parce qu'ils cherchent à savoir où on s'en va", a-t-il ajouté.
M. Charest a fait valoir qu'Ottawa a les moyens d'agir et qu'il doit le faire immédiatement dans le cas des industries manufacturière et forestière.
Il a précisé qu'Ottawa pouvait notamment soutenir davantage les travailleurs touchés par des fermetures, ajoutant que le dernier programme offert par le fédéral en cette matière était insuffisant.
"Quand on a fait un programme forestier, ils ont fait un programme qui, à mes yeux à moi, aurait pu être beaucoup plus important. (...) C'est une des mesures, parmi d'autres, qui peuvent être faites", a dit M. Charest.
Le premier ministre a par ailleurs indiqué que son gouvernement présentera son propre plan d'aide à l'industrie manufacturière plus tard cette semaine.
"On a fait un budget manufacturier il y a moins d'un an. (...) On va ajuster à nouveau et en faire encore plus, mais il y a des limites à nos moyens. Le gouvernement fédéral en a des moyens; il faut qu'il bouge", a lancé M. Charest.
Il a toutefois été prudent lorsque questionné sur les gestes qui pourraient être posés par la Banque du Canada, rappelant que ce n'était pas le rôle des politiciens d'intervenir auprès de l'institution. Cela ne l'a cependant pas empêché de souligner que de nombreux économistes ont affirmé qu'il serait opportun de réduire les taux d'intérêt pour freiner la montée du huard, étant donné que l'inflation ne menace pas l'économie canadienne dans l'immédiat.
Le premier ministre n'a pas manqué de faire valoir, lors de son allocution, que même l'Alberta souffre de la valeur élevée du dollar, notamment du côté de l'industrie bovine, qui voit aussi le prix de ses produits être poussés à la hausse sur le marché américain.

© La Presse Canadienne, 2008