La Banque Nationale a annoncé lundi que ses pertes liées à ses positions de papier commercial adossé à des actifs du secteur non bancaire la forceront à inscrire une charge de 575 millions $ _ la plus importante somme annoncée jusqu'ici par une banque canadienne.
Cette dépréciation, qui sera de 365 millions $ après taxes, sera inscrite au bilan du quatrième trimestre, conclu le 31 octobre, a indiqué la sixième banque au pays, dont le siège est à Montréal.
La Banque Nationale a indiqué qu'elle a racheté pour 2,1 milliards $ de PCAA, durant le trimestre, principalement des fonds communs de placement et des caisses privées, ainsi que de ses clients particuliers.
Cette somme s'ajoute à environ 150 millions $ de PCAA que la banque avait déjà comme actif au bilan.
L'institution avait déjà fait part de ce projet en août, peu après le début du resserrement du marché du crédit au Canada.
Bien que la dépréciation ne soit pas un "désastre", Brad Smith, analyste de Blackmont Capital, a affirmé que cette charge diminuera les résultats financiers de la banque et pourrait affecter son volume d'activité.
Selon lui, cette dépréciation, qui représente 2,27 $ l'action, se traduira probablement par une perte par action de 88 cents, au quatrième trimestre.
Michael Goldberg, analyste de Valeurs mobilières Desjardins, a souligné que l'institution souhaitera probablement récupérer la capital perdu à cause de cette dévaluation avant d'augmenter de nouveau son dividende. Normalement, il faudra attendre encore deux ou trois trimestres avant que cela puisse être possible, a affirmé M. Goldberg.
"L'autre élément d'incertitude reste de voir quel sera l'impact de cette situation sur la réputation de la Banque Nationale", a-t-il dit.
De son côté, M. Smith, de Blackmont, a déclaré en entrevue que des investisseurs plus importants, exclus de l'offre de rachat de PCAA, pourraient avoir une piètre opinion de la banque et éventuellement décider de traiter avec une institution concurrente.
"À notre avis, il demeure un certain risque pour que des clients de la banque, à qui on n'a pas fait d'offre de rachat parce qu'ils avaient des soldes trop importants, soient mécontents et cela pourrait avoir un impact sur les volumes d'activité", a expliqué M. Smith.
La Banque Nationale, qui joue un rôle actif au sein d'un groupe d'institutions financières à l'origine de la formation d'un comité ayant pour but de restructurer le marché des titres de dettes à court terme, dont la valeur est de 35 milliards $ au Canada, a encaissé un choc plus important que prévu par les analystes, qui prévoyaient plutôt une charge de 500 millions $.
Selon John Aiken, de Dundee Marchés des capitaux, le niveau de PCAA de la Banque Nationale reste "gérable, du point de vue des capitaux".
Il a affirmé que la charge inscrite par l'institution correspondait dans l'ensemble à ce qu'il avait estimé, ce qui devrait permettre de diminuer la pression sur sa valeur en bourse.
"Le fait que la Banque a inscrit une charge bien au-delà des 15 pour cent que toutes les autres institutions financières ont subi devrait être perçu comme positif et démontrant que la banque a pris une attitude raisonnablement conservatrice quant à son exposition", a-t-il écrit.
A la Bourse de Toronto, lundi, le titre de la Banque Nationale a gagné 77 cents, soit 1,5 pour cent, terminant à 51,80 $.